Témoins :1 instructeur au starter, 1 en bord de piste, 1 en vol en montée après une treuillée, le treuillard. Le pilote confirme et accepte l’analyse.
Au décollage au treuil avec un Pégase, vent de travers (15 km h) et convection active, l’accélération initiale est un peu moins forte que d’habitude, la montée du planeur est faible.
A la radio, le pilote émet le message : C’est vachement mou .Selon le treuillard, le treuil est à son régime de rotation maximal, le régime est constant.
A faible hauteur (<80 m), le pilote affiche une assiette en palier, le câble se détend fortement.
A peu près dans le même temps, la câble est largué (position arrière crochet et ou action pilote) et le treuillard stoppe la treuillée (annonce stop treuil ).
La position du planeur permettait alors un atterrissage droit devant.Le pilote du planeur annonce sa décision d’effectuer un contre-QFU .
Il réalise un éloignement à 45° à droite de l’axe, suivi d un virage à gauche le menant à dépasser l’axe de piste et vire à nouveau à droite pour se réaligner sur l’axe de piste en contre-QFU. Tous ces virages sont effectués à basse altitude.
Le planeur s’arrête en début de piste (point de départ).
La man’uvre du planeur en fin de vol n’autorisait aucune faute de pilotage et l’ensemble des témoins ont jugé cette man’uvre comme étant dangereuse. -Il s’avère qu’en cas de composante de vent arrière et ou Vz négative lors de la treuillée, la vitesse d’enroulement du câble devient trop élevée pour que le treuillard puisse effectuer une action correctrice efficace : la manette des gaz est proche de sa position maximale et le régime moteur est au maximal.
Cette configuration se produit rarement, mais s’est produite à au moins 2 reprises en 2 ans sans avoir de conséquence aussi prononcée : soit le pilote a maintenu une assiette de montée faible, et a terminé la treuillée à une altitude ne permettant pas d’accrocher mais permettant un circuit de piste standard, soit le treuillard a augmenté les gaz sans se préoccuper du surrégime éventuel du moteur et une forte tension du câble a été retrouvée ensuite (sans savoir si l’amélioration de la motricité est venue du treuil ou d’un retour à une composante de vent favorable au treuillage).
-Les pilotes sont préparés à des interruptions franches de traction (rupture de câble) mais peu à des manques de motricité, moins faciles à détecter et susceptibles de retarder une décision à interrompre la treuillée.
-Le non respect de la phraséologie convenue pour demander de la motricité ( accélère ) n’a pas aidé le treuillard ni le pilote dans ce cas précis.
-Le choix de réaliser un circuit en contre-QFU a mis le pilote dans une situation de risque avérée.
Notre analyse est la suivante :
– en général, les pilotes n’étaient pas assez conscients du risque : vent-arrière = montée faible
– la phraséologie standard n’était pas maîtrisée par le pilote concerné,
– le choix d’effectuer un circuit contre-QFU reste inexpliqué et dans la conscience du pilote.
Le pilote a-t-il entendu des consignes de ce type sur un autre terrain ?
Le pilote a été parapentiste et volant parfois en vol de falaise à basse altitude, il a peut-être mal évalué le risque de voler bas en effectuant plusieurs virages ?
Commentaire FFVV
L’application des basiques (repris ci-dessus) intégrés dans le Livret du lancement des planeurs au treuil est effectivement nécessaire.