Lors d’un entraînement circuit en montagne, par une situation de vent nord ouest, tout le vol s’est déroulé en condition ondulatoire. En fin de journée, lors du retour vers le terrain, je profite des conditions météorologiques pour évoluer au niveau des crêtes et je m’aperçois que l’élève ne maîtrise pas très bien le vol de pente. Peu de temps avant l’atterrissage, à proximité de l’aérodrome, j’effectue alors une leçon sur le vol de pente en lui expliquant clairement les risques que peuvent engendrer le manque de dextérité de pilotage du planeur à proximité du relief et les dangers aérologiques que produisent les vents et rabattants au vent et sous le vent des crêtes.
Après avoir effectué ensemble quelques allers et retours au niveau de la crête d’une pente bien connue (la tolle ondulée), l’élève s’exécute à reproduire la méthode à appliquer en vol pour gagner de l’altitude en sécurité. Le gain d altitude n’étant pas au rendez-vous, je lui demande ce qu il en conclut ? Et là sans crier gare et n’ayant même pas eu le temps de réagir, il essaie d’effectuer un tour complet de spirale au ras de la crête l’aile basse à moins de 20 mètres du sommet des arbres
Je reprends aussitôt les commandes.
Trop tard Le planeur passe sous le vent de la pente dans les rabattants, la sensation est plus que désagréable, le bruit dans la cabine diminue subitement, les aiguilles des instruments se mettent à osciller, le planeur et à la limite du décrochage en virage gauche
Dans l’action, je lui commente les corrections à apporter pour sortir de ce mauvais pas Mettre du manche vers l’ avant et dégager rapidement vers la vallée sous le vent des rabattants .Malheureusement sous le vent de cette crête, il n y a pas d’issue vers la vallée, nous sommes condamnés d’effectuer le tour complet et de repasser le sommet de la pente face au vent.
La situation est plus que critique, j ai la plus grosse frayeur de ma vie de vélivole
Pendant que je reprends les commandes, l’élève reste crispé sur le manche et je sens une force qui amène la commande vers l’arrière. Le sol et les arbres arrivent à grande vitesse, je m’oppose férocement au mauvais réflexe du stagiaire en mettant le manche plein avant puis j’effectue une ressource souple, en virage, en montée, parallèle à la pente en espérant passer le sommet.
L’assiette à cabrer du planeur lui fait rapidement perdre le peu d énergie récupérée lors de la ressource. Je regarde la proximité du sol sous nos pieds et commence à étudier rapidement quelle est la meilleure incidence de la machine pour impacter le sommet des arbres en ne pensant plus qu à la survie de l’équipage. Le choc risque d’être dur, la balise de détresse va-t-elle fonctionner, allons nous avoir mal et que vont dire le chef et nos familles ?
Après d interminables secondes au moment où le planeur n’a quasiment plus de vitesse, je pousse relativement fort sur le manche et la vision du ciel sur mon repère capot est effacée par la vallée accueillante qui abrite notre terrain de départ.
La situation en main, les palpitations cardiaques redescendues et la frayeur passée, plutôt que de rentrer, je profite de cette expérience pour recommencer à chaud la leçon en lui expliquant en détail les dangers auxquels nous venons d’ échapper. Je pense que cette solution est plus constructive et formatrice que le débriefing passif au sol qui fini souvent par les mots tu es nul .
En conclusion, ce vol a permis de tirer des enseignements au profit des deux occupants de l aéronef et par retour d expérience à un grand nombre de vélivole. Pour ma part : vélivole depuis plus de 25 ans, instructeur vol à voile depuis plusieurs années, avec plus de 3000 heures de vol et une assez bonne expérience de la montagne je tiens à souligner qu à l’issue d’un grand vol, la confiance et la lassitude s’installent ainsi le manque de vigilance de l’ instructeur.(paragraphe transmis incomplet)
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