Instructeur planeur militaire, une discussion d’après vol avec un stagiaire a été pour moi riche d’enseignements. A l’issue de la journée de vol, un stagiaire qui avait volé dans un planeur monoplace me dit qu’il avait essayé d’uriner en vol mais qu’il n’y était pas arrivé. Nous parlons donc de ce problème et notamment des moyens (sac) et de la méthode employée. Et là, à ma grande stupeur, ce pilote planeur m’annonce que pour pouvoir être plus à l’aise, il a détaché son harnais et même des sangles de son parachute! Pour lui, ce n’était pas dangereux : il était en onde (c’est à dire à haute altitude, dans un air laminaire et calme). Dans son esprit, comme il était seul en vol (pas d’autre aéronef à proximité) et en atmosphère non turbulente, il ne courrait aucun risque d’être éjecté par inadvertance de son planeur et de se retrouver dehors sans parachute correctement ajusté. Je lui ai donc rappelé les risques encourus et la nécessité absolue de rester attaché et il est bien conscient maintenant de ce qu’il peut ou ne doit pas faire. Mais au delà de ce cas particulier, je m’interroge sur ce qu’il en est des autres pilotes : comment font-ils? Je sais bien qu’il n’est pas facile de parler de ce genre de sujet sans entrer dans des détails crus : comment s’organiser à bord, ouvrir sa combinaison, se positionner, etc… pour faire sa petite affaire?
A mon sens, il ne faut pas se voiler la face et oser parler de ce genre de problème de façon claire et sans tabou. On évitera peut-être ainsi de voir certains personnels découvrir par eux-mêmes comment faire. Des vols en planeurs peuvent durer plusieurs heures et il n’est pas possible (ni conseillé par les médecins) de se retenir. Il faut donc impérativement pouvoir uriner en vol et ce de manière sûre, compatible avec la SV.