Décollage sur Astir à 13 h 50, vent travers faible, composante arrière légère et intermittente, atterrissage 15 h 18.
En fin de treuillée, vers 400 mètres, à la vitesse de 120 km h apparition d’une ondulation dite marsouinage que je n’ai pas conscience d’avoir déclenchée par une action brutale sur le manche.
L’ondulation se déroule sur une période de 4 à 5 secondes, avec une amplitude de l’ordre de 15°, caractérisée par une accentuation de la pente de montée sans décélération sensible, puis retour vers l’assiette initiale mais avec accélération à 130 km h. Action sur le manche, ferme mais sans brusquerie et, à mon étonnement, enchaînement sur une deuxième ondulation…………toujours entre 120 et 130 km h. ………….
Tout va se passer plus vite que je ne peux le décrire : à la 5° ondulation le fusible réagit.
Entre temps, de la 3° à la 5° et dernière ondulation, désarmé par ce qui m’apparaît inexplicable je me suis appliqué à bloquer le manche, ayant l’intuition d’un effort considérable au moment où la tension du câble ramène le planeur vers une pente moins cabrée, mais ne prenant pas le parti d’accepter une franche accélération au delà des 130 km h déjà atteints……. Absorbé par l’analyse de ce qui m’arrive, il ne me vient pas encore à l’idée de larguer……………
Dans cet état d’esprit, quand la rupture s’est produite, accompagnée d’un choc particulièrement sonore, j’imagine pendant une infime fraction de seconde que le crochet a été arraché………….. l’absence de souffle anormal me ramène instantanément à la réalité: j’en déduis que le câble ou le fusible a lâché, que l’élingue ou un bout de câble est encore avec moi…………….. que le treuil va me signaler une anomalie………………..Je ne largue pas.
L’altimètre me donne 420 – 450 mètres, un planeur a accroché à proximité, je fais cap sur lui et rentre dans son ascendance.
Un léger bruit inhabituel, extérieur, qui se répète comme un froissement un peu en arrière du siège, me conduit à tirer sur la poignée de largage au bout de 4 à 5 tours dans l’ascendance. J’effectue un vol de pratiquement 1 h 30, pendant lequel il me semble entendre encore à 3 ou 4 reprises une sorte de vibration inconnue.
Les témoins de l’atterrissage aperçoivent l’élingue à la traîne en deux brins repliés derrière le plan de profondeur………………..Dés qu’une extrémité d’un brin a eu touché le sol, l’élingue s’est déroulée sur l’herbe sans la moindre résistance perceptible du poste de pilotage.
Explication plausible : à la rupture du fusible le cordage a fouetté et comme le planeur avait déjà une pente de montée exagérée, une extrémité de l’élingue a passé au dessus du plan de profondeur, l’autre extrémité encore engagée dans le crochet.
Quand j’ai largué le hasard a, aérodynamiquement parlant, parfaitement équilibré les 2 brins jusqu’au retour au sol.
A ce jour, pour ce qui me concerne, le déclenchement du marsouinage reste sans explication.
Maintenant globalement plus concentré en cours de treuillée.
Echanges fructueux avec les instructeurs du club sur la base de cet incident
Erreur d’avoir maintenu le vol dans ces circonstances.