Un REX concernant cet incident a été déposé par le pilote du planeur.
Ce jour, j’ai pour tâche de remorquer un Pégase.Je connais le pilote du planeur qui est , heureusement, expérimenté.
Le largage sera donc à son initiative.Un essai de liaison radio est effectué au sol entre planeur et remorqueur.
Après quelques minutes de vol, le planeur me signale par radio qu’ il lui est impossible de larguer, malgré plusieurs tentatives.
J’accuse réception de son problème, lui annonce que je passe en palier et que je reviens verticale terrain pour larguer de mon côté.
Je lui propose de passer en position basse pour redescendre un peu pendant le retour. Le planeur descend effectivement un peu sous le remorqueur, aérofreins à demi-sortis, sa position ne me permet pas d ‘adopter un vario de descente significatif.
A la verticale du terrain, ayant repéré une zone dégagée de construction et de population ,je m’assure que le planeur n’est pas au-dessous du remorqueur, et après accord radio du pilote de planeur, je largue de mon côté.
Presque aussitôt ,et sans que le pilote du planeur n’ait rien fait, le câble se décroche également côté planeur.(Cela était prévisible pour nous deux)
Remorqueur et planeur atterrissent chacun de leur côté sans autre incident, le câble est tombé sur le terrain sans causer de blessures ou de dégâts au sol. Il est récupéré très rapidement .Le starter au sol avait suivi l’incident à la radio.
L’altitude à laquelle le pilote du planeur a tenté de larguer, et donc celle à laquelle s’est effectué le largage de mon côté, m’a gêné dans l’appréciation de l’ endroit où je souhaitais que tombe le câble. Une bonne précision impose un largage le plus bas possible, en restant compatible avec la possibilité pour le planeur de faire son circuit d’atterrissage adapté. De le même manière, même si la plate forme est grande, il y a beaucoup d’activité dessus : avions, ULM, modélisme, paramoteurs, et de nombreux promeneurs et curieux avec des voitures stationnées un peu partout autour du terrain.(c était en week-end) Eviter des blessures ou des dégâts au sol a été mon souci principal. C’est mon expérience d’instructeur planeur qui m’a été utile, j’ai fait pratiquer l’exercice à mes élèves de nombreuses fois. J’ai également pratiqué souvent cet exercice en temps que remorqueur pour les besoins d’autres instructeurs dans le cadre de leur enseignement. J’aurais été un peu moins à l’aise sans cela.
Le défaut de largage est un événement rare, mais pas inexistant.
L’essai de largage avait été fait par le pilote du planeur au cours de sa pré-vol ,mais verrière ouverte. C’est le tube qui amène au tableau de bord les durites aérodynamiques et l’électricité qui bloquait la commande de largage.
L’essai de largage doit se faire verrière fermée.
Le pilote du remorqueur devrait avoir une information du niveau d’expérience du pilote du planeur qu’il remorque pour savoir ce qu il peut lui demander : position basse et descente derrière le remorqueur. Dans le cas où l’incident se produit à grande hauteur ,une descente de l’attelage doit être envisagée.
La liaison bilatérale radio entre les deux aéronefs de l’attelage devrait être systématiquement établie préalablement au décollage.
Les cours et briefings concernant les procédures traitant de ce type d incident devraient évoquer davantage les risques liés à la chute du câble.