Championnat de France, deuxième épreuve (la première comptant pour 0 points).
Les prévisions météo ne sont pas bonnes les jours suivants, on pense même que ça sera la seule épreuve du championnat. Du coup tout le stress et la pression que je me mets, sont reportés sur une seule épreuve, sur ce vol là.
On décolle il y a déjà des grains en local, et un gros qui vient de lessiver la première branche. Plusieurs concurrentes se reposent, je raccroche à moins de 400m. Dés que ça se reforme sur la branche je prends le départ à 1000m, seule. J’avance péniblement avec du vent plein travers (20 à 25km h) entre 300 et 700m QFE. Sur ma route deux grains arrivent, ils s’étalent se rejoignent, impossible de passer entre ou de contourner. Je suis sous la pluie.
Il y a des champs mais pas tous coupés, à l’ombre c’est difficile à distinguer. J’en choisis un en deux parties : une plus courte coupée c’est sûr (300m entrée dégagée), une longue mais dont je ne suis pas sûre de l’état. Lorsque je prends la décision de me poser (trop tard, à moins de 200m sol), je me rapproche pour voir quelle partie est mieux. Je me retrouve dans une très mauvaise position : trop haute pour me mettre en base directe, trop basse pour un demi-tour et une PTL. J’entame un 360 en me disant on ne fait jamais un 360 comme ça A la fin de mon tour je vois bien que les arbres en entrée de champ ne passeront pas. Je vise un trou au coin du champ en me disant si les deux ailes touchent ça partira peut-être pas trop en travers . L’aile gauche ne rencontre que des feuilles, la droite des branches Le planeur fait une grosse rotation sur l’axe de lacet, j’ai l impression qu’il s arrête. Par réflexe je mets du pied à fond à gauche et du manche en avant, il revole droit et je peux le poser normalement .
Résultat : je n’ai rien, l’aile droite du planeur est à réparer.
La seule chose qui a limité les dégâts c’est d’avoir toujours gardé de la vitesse. Je pense que c’est mon expérience en montagne qui m’a permis de ne pas avoir le réflexe de tirer en voyant l’obstacle. Avec moins de vitesse ça aurait pu partir très vite en autorotation et finir beaucoup plus mal.
Je pense que j ai trop banalisé le vol dans des conditions pas éntes : du vent fort et un planeur mouillé, et mes objectifs de compétitrice ont prit le dessus sur ma réserve habituelle. C’est du non renoncement dans des conditions météo aggravantes.
A froid j ai comparé l’enjeu de ce championnat de ce vol, et les risques que j’ai pris. Émment aucun objectif ne pouvait justifier cette prise de risque. Malheureusement c’est avant qu’il fallait faire cette analyse, et m’imposer des limites beaucoup plus larges.
Commentaire FFVV:
– tout d’abord merci à ce pilote de relater un incident en compétition: en effet l’égo des compétiteurs doit être surdimensionné pour ne pas relater tout ce qui se passe!!!!! et il s’en passe des événements qui pourraient servir aux autres.
– mon expérience en accidentologie se confirme avec ce REX: les féminines se confient plus facilement que les hommes
– l’auteur de ce REX mérite d’être encouragé et de continuer à voler.
– pourquoi continuer à s’obstiner à laisser les compétiteurs voler très bas et essayer de raccrocher au péril de leur vie!!!