Je vous relate au mieux l’enchainement des faits en toute objectivité tout en étant conscient qu’en qualité de commandant de bord je suis le responsable :
ça plane pour elles je suis pilote VI ; 1260 heures comme Cdt de Bord et 300 h d’ ITP en 1999 non renouvelé, mais étant retraité, plus de 100 h de vol an ces 4 dernières années. J’ai été relâché sur M200 le Samedi précédent , suivi d’un Vi , pilotage facile sans problème après acclimatation à l’effet de parallaxe (2 places spacieuses côte à côte décalées).
Ce Dimanche , journée chaude avec un vent faible et changeant nous décidons piste 30 car la composante de face y est plus fréquente, 3 biplaces sont sortis dont le M200 privé et banalisé pour le cas d’ affluence, ce qui n est pas le cas. Nous nous partageons les vols et je fais 2 Vi en Marianne.
En fin d’après midi, notre président de section qui est resté à l’accueil ces 2 jours fait envoyer en piste un homme dont la fille qui l’accompagne veut lui payer un vol en planeur. Lorsque nous le voyons sortir difficilement de la voiture de piste avec une canne, accompagné de sa femme et sa fille, nous lui demandons son poids que je m’attends à au moins 120 Kg ; or les 2 femmes annoncent 100 Kg avec insistance, comme elles l’ont dit à notre président à l’accueil. L’homme, âgé, est grand mais très fort, avec des jambes épaisses, hors norme.
Cest notre ancien président de section ayant encore autorité de fait (surtout sur les anciens dont je fais partie) qui remplit l’assurance et encaisse l’argent et s adressant aux pilotes présents Il faut le mettre dans le M200 ou le Marianne Mais vu le gabarit on comprend immédiatement que c est le M200 . et le pilote lâché M200 c est moi ! Je pèse 65 Kg + les 100Kg et 14 Kg de parachutes, on est au maxi. Devant les intéressés, ne trouvant pas de raison autre que discriminatoire ou énte de sécurité, il m’est difficile de me dérober ; je me motive donc et fais mettre en piste. Je décide de monter en place gauche afin de rapprocher ces 100 Kg déclarés du centre de gravité (la place droite est plus vers l’arrière). Aidé de 2 autres pilotes, la mise en place du passager dure 10 minutes : allongement maxi des sangles, placement du corps et des jambes qu’ il ne peut bouger pour permettre le débattement des commandes ; c’est limite mais conforme.
Décollage avec vent faible presque dans l’axe et remorqué sans problème autre que je dois forcer le manche à gauche pour garder la symétrie (100 Kg déclarés à droite contre 65 à gauche sont peut être une des causes aggravantes d’un défaut que je n avais pas remarqué la veille ?). Largage à 550 m et montée régulière jusque 1100 m ; je spirale à gauche pour tester l’ inclinaison que je peux donner, et pas de problème si je ne descend pas sous 85 Km h avec cependant un effort sensible au manche à gauche. Par contre, pour incliner à droite ça part tout seul.
Après 40 mn de vol je suis en finale et garde 110 Km h demi AF pour garder une bonne défense aux ailerons ; arrondi, la vitesse diminue rapidement, posé en douceur, manche complètement à gauche mais que je ne sens pas en butée à cause de la jambe du passager qui a dû bouger, l’aile droite touche et est freinée dans l’herbe (le saumon du M200 ressemble plus à un soc de charrue qu à un ski !), le planeur pivote un peu à droite, pique du nez sur son patin et la freinée produite le fait basculer à gauche avec un cheval de bois à 180 °. Cela s est passé vite et j’ai eu beau contrer au maximum, les commandes n’avaient plus d effet , l’inertie du planeur prenant le pas sur les forces aérodynamiques. Cela a bien diverti mon passager qui était aux anges croyant que la man’uvre était normale, mais sous mon air neutre j’étais furieux contre moi-même.
J’en conclus que cet incident est dû à une mauvaise décision prise avant de partir, que j’aurais dû exiger une pesée du passager ou refuser simplement le vol sous prétexte de sécurité.
J’ai relaté cet incident au chef pilote, et celui-ci, pour tirer profit de l ‘incident, a décidé que dorénavant il faudra emmener un pèse personnes en piste pour :
– Vérifier le centrage et calculer la quantité de gueuses à ajouter pour les poids légers,
– Vérifier que l on ne dépasse pas la masse autorisée pour les poids lourds.
Commentaires FFVV
Il est rare de voir un pilote qui se déclare spontanément responsable: La sécurité des vols est un état d’esprit qui est difficile à transmettre, nous sommes des latins….
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