REX DECOLLAGE
Mise en piste et premier décollage de la journée.
Après la visite pré vol, je m installe dans l avion remorqueur.
Le démarrage du moteur se déroule sans problème, la période de chauffage moteur débute, la température dépasse 200° culasses, j effectue le point fixe.
Le régime moteur à 2000 t mn indiqué, je passe le contact magnétos de both à L la perte est de plus de 100 t mn, le moteur pétarade, je passe le contact sur both le régime moteur revient à 2000 t mn, le fonctionnement moteur est normal. Je passe le contact sur R la perte est de moins de 100 t mn avec un régime moteur tournant rond . Je repasse le contact sur both , le moteur revient à 2000 t mn avec un régime normal.
Pour confirmation, j effectue une seconde sélection magnétos, elle se passe sans perte de plus de 100 t mn sur les positions L et R et la différence entre les 2 est minime (moins de 50 t mn). Le régime moteur est normal et la position réchauffe carbu tirée n amène aucune perte de tour de régime.
La température approchant les 300° culasses, je descends les volets au 1er cran, j enclenche la pompe électrique, je me dirige vers l alignement sur la bande d envol bitumée du QFU 31 pour l accrochage du planeur TWIN ASTIR avec 2 personnes à bord. Le contact radio entre le planeur et l avion est établi.
L avion est équipé d un enrouleur, je roule pour tendre le câble. Le câble est tendu, j arrête à la main les vibrations du rétroviseur intérieur pour distinguer la levée de l aile du planeur.
L aile est levée, je passe le régime moteur à plein gaz, le roulage débute avec un vent de travers (données météo : 230° 7km h raf 18,5 km h), l accélération me semble lente mais progressive, l avion passe le bout de la bande d envol, roule encore sur l herbe sans aucun tressautement, ce qui n est pas normal avec ce genre d avion remorqueur.
Je constate que la vitesse est entre 80 et 85 km h avec un régime moteur entre 2350 t mn et 2400 t mn. Je vérifie la position de la manette des gaz, elle est à fond de course et le régime n augmente pas.
N ayant pas le régime moteur correct (2500t mn) et la vitesse requise (100 km h), je décide d interrompre le décollage.
Je demande au planeur de larguer ( largue !, largue ! ), je réduis le régime moteur, je freine en faisant une baïonnette à gauche pour permettre le passage du planeur qui se pose sans encombre.
Au retour au parking, voulant procéder à un point fixe avec vérification des contacts magnétos, je constate que l avion n a plus de frein. Le point fixe s effectue avec les cales, la vérification du régime moteur, avec sélections des contacts, n indique aucune anomalie du fonctionnement du moteur.
L avion est cassé technique , le dépannage peut débuter : réparation des freins puis vérification du fonctionnement du moteur.
Après relation de l évènement et discussion avec le chef pilote et les autres pilotes remorqueurs. La procédure appliquée n est pas adéquate, le freinage est inapproprié ainsi que le dégagement vers la gauche car l avion s est approché des arbres qui bordent la piste.
L action à entreprendre dans ce cas, sur ce QFU avec son environnement aurait dû consister en demande de largage du planeur ou action sur la guillotine, réduction des gaz, laisser rouler l avion sur la piste restante car le planeur ne devrait pas le rattraper
Mon réflexe a été d appliquer la procédure d interruption du décollage avion avant la rotation en ayant à l esprit que le planeur derrière pouvait percuter l avion c est la raison du dégagement vers la gauche en freinant.
Concernant la panne pendant l accélération au décollage, le guide pratique du pilote remorqueur mentionne, p 40, paragraphe 3.1, il convient de larguer le planeur et d interrompre le décollage. .
Ne serait-il pas envisageable d ajouter un complément afin de préciser le mode opératoire d interruption du décollage pendant l accélération ?
– Atteindre 200° aux culasses peu de temps après la mise en route moteur n’est pas habituel et doit alerter le pilote. La température culasse maximale à ne pas dépasser sur un moteur 180 Cv est de 260 ° (sur un DR400, mais c’est probablement la même chose sur le MCR qui a exactement le même moteur). Alors quand la température approche les 300°, ce n’est pas normal et il n’est pas possible d’envisager un décollage.
– la vérification de la puissance moteur se fait à la mise de gaz et si le régime minimum n’est pas atteint : le décollage est interrompu. Dans le cas présent le régime aurait pu baisser suite à la surchauffe moteur. Quelle était la cause de cette surchauffe ? Le thermomètre ? Le volet capot moteur resté fermé ? Le moteur a t il été endommagé suite à celle ci ?
– L’avion ne doit en aucun cas freiner en ligne droite car le planeur va le rattrapper et risque d’entrer en collision avec lui.
– La mise en place d’une procédure adaptée à chaque configuration d’aérodrome (et pour chaque piste et QFU), permet au pilote de l’avion et à celui du planeur d’avoir une réponse adaptée à la situation en cas de panne.. Cette procédure devant être connue par tous les pilotes remorqueurs et de planeurs pour pouvoir être appliquée das l’urgence d’une manière réflexe. Par exemple : en cas de panne moteur, l’avion dégage coté taxyway et le planeur coté piste pour un décollage en piste 36 etc. …
– Ce point va être traité dans le nouveau guide du pilote remorqueur, en cours d’élaboration par la FFVV
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