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Quasi collision avec un planeur

Titre :
Quasi collision avec un planeur
Localisation :
Local
Date :
25/08/2017
Nature du vol :
Compétition circuit
Je suis :
Remorqueur
Nombre de machines :
1
Météo :
Dégats :
Oui
Phase de vol :
Manutention/Mise en piste
Catégorie :
1
Type d'aérodrome :
ATC :
Radio :
Type de machine :
Planeur pur
Modèle de machine :
Rallye 180 cv
Transpondeur :
- Sélectionner -
GPS :
Oui
Nombre d'occupants :
1
Statut :
Stagiaire
Âge :
Moins de 18 ans
Expérience récente :
Non connue
Expérience totale :
Non connue

Ce jour là, je suis remorqueur. La convection tarde à se mettre en place, les remorqués sont longs, de l’ordre de 18 minutes. Nous tournons à 3 remorqueurs. Avec le Rallye (c’est un facteur agravant pour la suite), je prends les monoplaces.

Je décolle pour le quatrième remorqué avec un étranger (ils sont nombreux, et veulent réussir leur départ). La convection s’est améliorée, mais mon client n’est pas pressé de larguer. Nous avons à mon sens déjà traversé deux zones largables, nous nous dirigeons vers une troisième. Je vois assez loin un planeur, sensiblement plus haut. Je commence à me demander quand le planeur va larguer, et le surveille de plus en plus fréquemment dans le rétroviseur. Nous arrivons dans ce qui sera inmanquablement la troisième zone de largage, bien au dessus des crêtes.

Le planeur largue (enfin !). Là, j’applique la procédure qui m’a été demandée localement : pousser sur le manche pour créer un étagement avec le planeur largué. Et je dégage à droite, en laissant les crêtes sur la gauche (mais je suis bien au dessus). Horreur : en virage à droite, je découvre sur ma gauche un Duo en virage à gauche, à ma hauteur, sans doute à une cinquantaine de mètres (au maximum). Situation de quasi collision. Adrénaline…

Je ne sais pas si le Duo m’avait à l’oeil depuis un moment ? J’espère que oui. J’ai cherché dans les jours suivants à l’identifier, sans résultat. En particulier en dépouillant les fichiers issus des flarms de nos Duo. J’aurais bien aimé parler à son pilote pour avoir sa version.

Mon flarm n’a rien dit… J’ai procédé à une analyse de range via le site KTRAX (qui permet d’effectuer cette vérification en ligne sans manipuler la carte SD du FLARM – tout le monde devrait connaitre cette procédure !). Le résultat était un range pas génial, mais pas catastrophique non plus. J’ai fait de même en analysant les fichiers sur le site FLARM, même conclusion. Je me suis rappelé que depuis quelques temps, les suivis de vol n’étaient pas au poil : il arrivait que le remorqueur ne soit pas déclaré en TOW sur le planeur qu’il tractait. J’ai donc procédé à un delogage complet du vol du remorqueur, et j’ai trouvé : le FLARM fonctionnait par intermittence, avec des coupures de plusieurs minutes (altitude à zéro). Au moment de la quasi collision, il ne marchait pas. Par la suite, le problème a été résolu en changeant le capteur GPS du FLARM. Cet incident illustre parfaitement la théorie du gruyère pour expliquer les accidents:
+ une procédure de largage que je n’appliquerai plus (les autres remorqueurs ne l’appliquent pas non plus), qui veut résoudre un problème (collision avec le planeur largué) en en créant éventuellement un autre (plutôt pire, car le planeur largué, on sait à peu près où il est).
+ la problématique ci-dessus est aggravée par le fait que la visibilité vers le bas et devant sur le Rallye est exécrable,
+ l’attention du pilote qui se focalise de plus en plus sur son rétroviseur (il va larguer, ce …?),
+ le FLARM qui est en carafe précisément à ce moment là,
+ le caractère intermittent de la panne de FLARM, source de confusion.

Désormais, tant pis pour le temps de remorquage, je dégage bien pépère après le largage du planeur, infléchit doucement les trajectoires dans tous les plans, en s’éloigant des pentes ou crêtes, et j’entame la descente, toujours bien pépère. Pas de variation brusque de trajectoire.

Autre enseignement : méfiance avec les FLARM (NB : la panne intermittente, c’est la pire).

– La rentabilité est importante, mais la sécurité toujours prioritaire.
– Le moyen primaire de détection anti collision est la surveillance visuelle par le pilote.
– Dégager à gauche avec un biplace cote à cote permet d’avoir une meilleure visibilité en limitant les angles morts.
– Le FLARM est un plus indéniable, mais il ne faut pas se reposer sur lui. Sa fiabilité est aléatoire. Même si celui de l’avion est parfait, les autres aéronefs n’en sont pas forcément équipés (ou ils peuvent être en panne).

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