Je suis instructeur dans le cadre dÕun stage perfectionnement de vol en montagne dans un centre de vol voile des Alpes. Je m’occupe d’un groupe de 3 pilotes. Le pilote concern par cet incident est anglais et je raconte cette exp rience en Fran ais, de sa part, apr s lÕavoir entendu en d briefing et avoir lu son r cit. Il aura une copie du texte pour lequel sa fille lui assurera la traduction.
Le pilote, 59 ans, 1 000 hdv en planeur dont 900 en solo et 30 dans les 12 derniers mois ; 32 h en avion et 110 en h licopt re, peu d’exp rience en montagne, a effectu des vols en biplace les 2 jours pr c dents et est l ch ce jour-l St-Auban sur Discus 2. Il n’a jamais vol sur ce type de planeur, mais sur Discus et d’autres planeurs de classe standard et 18 m. IL poss de et pilote un LS 8 18 m depuis lÕann e 2000. Le pilote a lu le manuel de vol du Discus 2 le soir pr c dent et je lui ai fait un briefing machine apr s la sortie des planeurs en matin e.
Les consignes de vol sont : Vol plaisir de d couverte de la machine et de lÕenvironnement en solo, vol en local de St-Auban dans un volume de finesse 20.
La m t o est correcte avec vent de secteur ouest, par moment de l ger nord-ouest dans l’apr s-midi. Au sol c’est plut t l’Ouest qui domine, parfois jusqu’ 20 kt. L’axe pr f rentiel St-Auban est rest Sud. En l’air, thermiques moyens bons et vol de pente ais sur les faces ouest.
Le vol durera 4h40, avec contacts radio r guliers selon les principes du Centre. Aucun cart ou probl me particulier nÕest d tect lors de ces changes.
En fin de journ e, revenant vers le terrain et trouvant le vol agr able, le pilote d cide de faire un dernier AR sur la Vaumuse. Il en ressort 1900 m et se dirige vers lÕa rodrome.
NÕaimant pas perdre de lÕaltitude en spirale ni utiliser les AFs pour descendre (1000 m perdre), il pense que cÕest une opportunit pour essayer les performances du planeur haute vitesse. Il augmente celle-ci progressivement, lorsquÕ 240 km h (La Vne du Discus 2 est 270 km h.), un grand Ç BANG È se fait alors entendre et le planeur pique fortement et violemment.
Il pense avoir heurt quelque chose.
Dans la ½ seconde, la main gauche va chercher la commande dÕ jection verri re pour tre certain de savoir o elle est et quÕelle fonctionne et la droite, la boucle du harnais. Ë ce moment, il se souvient dÕun conseil un jour re u, de ne jamais vacuer en vol un a ronef encore pilotable, il essaie donc de contr ler lÕassiette et a marcheÉLe reste aussi. Il ram ne la vitesse vers 120 km h et d couvre alors les a rofreins sortis. Ë ce moment, il se rend compte quÕil a d verrouill la verri re et il nÕarrive pas la verrouiller. Le planeur chute plus de 10m s, le sol se rapproche et le pilote, malheureusement, nÕa t dot par la nature que de 2 mains. Une tient la verri re, lÕautre le manche pour l’assiette et lÕinclinaison, il en manque au moins une pour rentrer les AFs…
Finalement, en sÕaidant des genoux pour le manche, il peut rentrer les AFs et verrouiller la verri re, cette r cup ration totale se finissant 325 m au-dessus du sol. La maitrise tant suffisante pour effectuer un tour de piste correct plein vent travers, malgr le planeur de voltige qui, ayant fini ses volutions un peu bas se retrouve lÕint rieur du circuit.
La perte totale de hauteur du d but la fin de lÕincident est de 473 m, dÕapr s le fichier de vol, en 1minute !
Dans ses remarques, une fois le vol termin , le pilote est affirmatif pour exprimer quÕil avait trouv lÕair suffisamment calme pour essayer le planeur haute vitesse ; il ne lÕaurait pas fait sinon. Il pense que ce nÕest pas un probl me de turbulence qui a fait sortir les A rofreins, mais un probl me m canique.
Dans un premier temps, ayant pens avoir heurt quelque chose et avoir le planeur endommag , il pense que chercher vacuer tait une bonne id e, car il nÕ tait plus tr s haut avec un fort taux de chute (moins de 800 m et -20m Quelques commentaires.
Nous avons eu affaire un incident sans cons quence, mais on n’est pass pas loin dÕun risque majeur pour lÕ quipage et dÕune perte de planeur .
Du pilote :
lors de la prochaine sortie de visite de son planeur personnel, il essaiera le domaine des hautes vitesses par temps calme et avec une bonne hauteur au-dessus de lÕa rodrome.
Du pilote et de moi-m me : probl me de r glage de duret du verrouillage d’a rofreins r gler en atelier. Sur nos 3 Discus 2, la duret sÕest trouv e diff rente, celle du planeur de l’incident tant la plus faible. Le r glage fut fait le lendemain.
De moi-m me :
Le domaine de vol des planeurs doit tre essay par un pilote dÕexp rience apr s certaines visites dÕentretien et pourquoi pas chaque ann e en d but de saison.
Apr s un ph nom ne soudain et violent, toujours regarder ses ailes pour voir si les AF ne sont pas sortis, jÕai d j connu ce ph nom ne sur plusieurs planeurs (Phoebus, ASW 17, ASW 20, Nimbus 4D, etc.). Ce serait dommage dÕabandonner un planeur en quasi bon tat.
V rifier lÕint grit du contr le en pilotage du planeur avant de sauter. Mettre la main sur la commande dÕ jection verri re juste pour voir se r v le dangereux, la probabilit de lÕouvrir est tr s forte. Ne la mettre que quand la d cision est prise. Mais faire vite dans ce cas l , la hauteur sol peut ne pas laisser beaucoup de temps disponible pour une jection r ussie.
Une sortie dÕa rofreins intempestive haute vitesse pr s du sol, en pente (mais on ne devrait pas sortir de lÕarc vert en pente) ou en Ç passage È peut se r v ler mortelle. lÕarriv e de vitesse vaut-elle le coup de prendre le risque ?
La formation et le perfectionnement des pilotes doivent voquer ce risque de sortie intempestive et les actions pr ventives et correctives n cessaires.
LÕint r t pour le pilote lambda de voler haute vitesse est limit et doit sÕentourer de pr cautions, tre certain que la masse dÕair est calme pour p n trer lÕarc jaune et avoir de la marge de hauteur par rapport au sol. Avoir relu le manuel de vol et se souvenir que lÕon ne peut pas utiliser le d battement int gral des gouvernes.
Le piqu violent avec fort taux de chute est redoutable. M me une sortie volontaire des AFs une vitesse proche de la Vne est violente et peut provoquer une blessure au bras si effectu e sans pr cautions.
On ne connait jamais assez un pilote, surtout dans le cadre d’un stage court. Lors du briefing machine, finalement assez sommaire vu l’exp rience du pilote je n’ai pas parl du vol haute vitesse, je consacre plus de temps parler du vol lent…
C’est un domaine r viser lors d’un briefing g n ral, peut- tre.
J’aurais pu me douter de cette envie de voler vite pour descendre lors d’un vol pr c dent en biplace o il ren clait utiliser les AFs pour acc l rer la fin du vol et effectuer un changement d’ quipage.
Finalement, il les a quand m me utilis s…
PS : je n’arrive pas joindre les 2 fichiers dont je dispose pour illustrer l’incident.
– Tout peut arriver à n’importe quel moment et dans chaque vol. Un vol super tranquille peut à n’importe quel moment se transformer en situation quasi désespérée. Il ne faut jamais baisser la garde en vol et être prêt à agir efficacement. Ce n’est pas facile.
– Quand un problème de ce type arrive : tenter une forte réduction de la vitesse en même temps que se remettre en mémoire la procédure d’évacuation. Si le planeur est pilotable, rechercher le problème.
– Il est facile d’imaginer comment se serait passé une sortie intempestive des aérofreins à 1 m sol lors d’un super passage.
– Pendant le CRIS, si vous remarquez que le verrouillage des AF vous semble insuffisant, le signaler à la personne responsable de la maintenance. Si vous décidiez de décoller malgré tout, avec un doute à ce sujet, rester à des vitesses éloignées des limites permises.
Note au rédacteur : le texte est difficile à lire. pouvez vous déposer un nouveau rex avec un autre navigateur ou avec un copier coller avec un traitement de texte (ou me l’envoyer par mail afin que je le remplace à [email protected])
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