Sur la fin de l AST du jour, je me mets en arrivée vers le kilomètre 40, sur un plan de finesse 35 environ en comptant à la fois sur les bons 15 km h de vent arrière ainsi que sur de bons cheminements pour me porter jusqu à la ligne d arrivée. Il y avait de plus d autres planeurs proches de moi, devant et derrière, cela devrait aider à passer par les meilleurs endroits. J avance prudemment sans accélérer, en appuyant sur les bosses et en essayant d éviter les trous. Malheureusement, ça chemine moins bien qu espéré et à 10 km de la ligne d arrivée, je me retrouve sur un plan de finesse entre 35 et 40 tandis que les autres planeurs, plus haut, peuvent accélérer devant moi. Je vois bien la piste mais je perds toujours plus mon plan et la finesse indiquée par le calculateur augmente au fur et à mesure que je me rapproche du terrain. Je suis paniquée mais espère quand même pouvoir rentrer au terrain. Je sais qu au pire je peux sortir le train et me poser dans l un des champs de blé avant la piste, fraîchement moissonnés. Je passe le km 3 à 120 m hauteur sol et tente d accélérer pour aller chercher le sol et l effet de portance légèrement accrue par effet de sol, une grande première pour moi. A 1 km de la piste, je suis à moins de 20 m sol à 120 km h vitesse air (135 km h vitesse sol), ce qui n est pas vraiment suffisant et je m applique et me concentre sur la piste et le champ qui la précède. Je regarde également bien dehors car des planeurs sont en arrivée juste devant moi. Dans ma tête tout est clair : vu nos plans d arrivées et notre énergie, nous allons tous nous poser long sur la piste 18 et dégager au bout soit à droite, soit à gauche. C est la procédure standard et même recommandée. En tout cas, je n ai pas l énergie suffisante pour faire autrement. A la radio, je n entends pas d annonce de passage, peut-être parce que je suis complètement absorbée par mon arrivée et focalisée sur l atterrissage. J annonce un atterrissage piste 18 long. Au moment où j atteins le seuil de la piste 18 en service, je vois l un des 3 planeurs qui était devant moi en arrivée faire une ressource à basse hauteur en virant par la droite. Je ne peux rien faire car pas d énergie résiduelle et des planeurs à ma gauche et derrière. A la radio, j entends le directeur de compétition lui dire de rentrer les aérofreins pour que le planeur puisse passer au-dessus des planeurs en arrivée directe et se poser long sur la piste 11 qui croise l axe de la 18. Je reste sur ma trajectoire directe 18 longue car il y a des planeurs en arrivée derrière moi, dont un qui n a pas de freins Je passe finalement juste avant que le planeur coupe l axe de la piste, et je lui coupe la route pour environ 20 mètres. J ai cru quelques secondes que nous allions entrer en collision. Choquée, je roule jusqu au bout de la piste le plus loin possible pour dégager la place aux suivants. Je m arrête tout au bout de la piste, à 10 mètres du champ, complètement sous le choc de cette arrivée très tendue et de l incident qui vient de se produire et qui aurait pu avoir des conséquences bien plus graves Nous avons évité le pire, mais ce n est pas passé loin. Je réalise que j étais complètement focalisée sur la piste et mon atterrissage long, et que j aurais pu être plus attentive à la radio pour intégrer le fait qu un pilote devant moi faisait un passage, d autant plus sans énergie suffisante, et qu il allait de fait croiser l axe d atterrissage. En anticipant cela, j aurais peut-être pu me poser et freiner immédiatement pour dégager la piste avant la croisée des pistes. La fatigue et la tension, le stress accumulés sur les dernières minutes de l’arrivée tendue ont sans doute impacté la concentration et l’attention. Je n’ai en conséquence pas bien entendu ce que faisaient les planeurs devant moi, d’autant plus que cela divergeait de la procédure standard d’atterrissage. En ayant effectué une arrivée plus sereinement, la visibilité vers l’avant et l’attention accrue m’auraient sans doute permis de mieux comprendre ce qu’il se passait et j’aurais pu anticiper et adapter mon atterrissage pour éviter de passer si près de l’autre planeur.
– Le vol en effet de sol ne s’improvise pas. Il est de plus dangereux, interdit et sanctionné dans le cadre d’une compétition.
– Les arrivées doivent se faire avec une marge suffisante.
– Et les passages à une vitesse permettant une ressource puis un tour de piste normal afin de s’intégrer sans risque dans les arrivées directes.
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