Le 12 juin 19 par temps calme je décolle pour un circuit de 200 km environ. Après largage je trouve une ascendance dans une zone d’évolution d’autres planeurs. Constatant comme ceux-ci que la zone n’est pas favorable, je décide de d’explorer d’autres secteurs, d’abord en m’éloignant puis en me rapprochant du terrain. N’ayant pas fait les bons choix, je décide de rejoindre la vent arrière pour un redécollage. Avant la vent arrière, je sors le train et fait mon check. A ce moment-là j’ai en visuel devant moi un autre planeur plus haut en vent arrière pour la même piste. Vent arrière, je m’annonce et indique mon altitude (environ 200 m QFE). A partir de cet instant je fixe visuellement pour un long moment le planeur devant moi. Je suis en étape de base (je m’annonce), de ce point débute l’événement. En visuel du planeur devant et de la piste je sors les AF.
En fait, je ne sors PAS les AF, je déverouille et manoeuvre le train (sur le Pégase la commande du train coulissante et fermée vers l’arrière est située du même coté que la commande des AF). De ce fait la vitesse commence à augmenter un peu (je le constate !). En longue finale, le planeur devant est posé, la piste est dégagée. Je continue à accélérer fortement (je le constate !) tout en visant mon point d’aboutissement. En courte finale ma vitesse est de 150 km h, je décide de ne pas me poser (je dépasserai le seuil de piste), puis j’entends à la radio train’ train. A faible hauteur sol et 170 km h, je vais au bout de la piste, fais une ressource pour casser la vitesse avec un virage par la droite et me pose à contre QFU train rentré.
Je n’ai rien et le planeur est à réparer (légère rupture sous le baquet). Ce jour-là, contrairement à mon habitude je n’ai pas regardé ma main sur la commande et contrôlé visuellement la sortie des AF (j’ai fait une fixation sur le planeur devant ?), puis enfermé inconsciemment (effet tunnel ?) que j’agissais sur la bonne commande (la vitesse augmente mais je suis sûr que je fais bien !), j’ai persisté. Cet événement aurai pu se terminer très mal.
Problème déjà connu : la confusion de commandes sur certains planeurs dont le Pégase, accentuée sans doute par une augmentation de la charge de travail (un autre planeur devant soi en tour de piste…).
ll n y a que la rigueur d action contrôle qui peut résoudre le problème avec comme le souligne le pilote le contrôle visuel de la commande utilisée.
Si une action aux commandes ne donne pas les résultats escomptés (AF sortis mais vitesse augmentant), il faut se poser la question et sortir du tunnel.
C’est bien un effet tunnel, l’analyse du pilote est bonne.
L’attention est portée entièrement sur le planeur qui le précède, ce qui fait perdre la conscience de la situation globale.
Le pilote semble gêné parce qu’il n’a pas une hauteur lui laissant une marge de man uvre confortable pour rallonger la trajectoire par exemple.
Les échanges radio avec l’autre planeur auraient pu l’aider en se mettant d’accord sur l’axe à prendre.
Tant qu’une stratégie n’a pas été mise en place, l’esprit est tunnélisé sur la menace identifiée. Il faut se forcer à sortir de ce mode de fonctionnement par le raisonnement : analyse factuelle, détermination de solutions. Tant que la solution n’a pas été trouvée, l’effet tunnel perdure.
Pour se forcer à casser l’effet tunnel, la réalisation de l’action contrôle peut aider puisque cela oblige à lâcher des yeux le planeur qui précède.
De la même manière, se forcer à regarder la piste pour en apprécier l’encombrement et imaginer les solutions possibles en fonction de la trajectoire du planeur précédent. Exemple : s’il se pose au milieu, je prend à droite ou à gauche. Compte tenu de son point d’aboutissement je pose long ou court…
Des solutions se dessinent alors et l’on peut sortir de l’effet tunnel.
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