Après avoir établi le rituel contact radio avec le remorqueur sur 123,5 MHz, je décolle pour mon premier vol en remorqué à C. où je viens faire un séjour d’une semaine. Le remorqueur est un Rallye, piloté par un pilote remorqueur et vélivole particulièrement expérimenté. Largage prévu à 500 m, soit 630 m QNH
A l’approche de l’altitude de largage, j’entends sur la radio un message syblillin dont je distingue un seul mot : Largué ? Est-ce le pilote du remorqueur qui a parlé ? Fallait-il comprendre Tu peux te larguer ? Je n ai que le temps de me poser la question et je vois le remorqueur plonger en virage à droite. J’accompagne un instant sa trajectoire et je largue alors que l’attelage est déjà en descente accentuée, câble détendu. Le pilote du remorqueur me dira plus tard qu’iil ne s’est aperçu de rien, qu’il a lui aussi entendu le mot Largué et cru que j’avais largué
Ce non-événement mérite toutefois d’être analysé, car il conduisait tout droit à une position haute !
En fait le mot largué a été prononcé par le pilote d’un autre aéronef qui travaillait sur la même fréquence sur un autre terrain. Ce mot a introduit une confusion et un doute au moment crucial du largage (peut-être renforcé par le fait que c’était mon premier décollage à C.) dans l’esprit du pilote du planeur comme dans celui du remorqueur.
Commentaire du pilote du planeur :
Cet incident est largement imputable à la saturation de la fréquence 123,5 MHz, très utilisée par de nombreux aérodromes de la région, associé à un trafic intense de planeurs (treuil et remorqueur), avions et ULM. La fréquence vol à voile 122,5 MHz est même utilisée pour les circuits d’aérodrome ! Il semble nécessaire de se pencher sur la question de l’attribution de nouvelles fréquences au vol à voile, avec l’arrivée de l’espacement des fréquences à 8,33 MHz.
Cet incident pose également la question de la surveillance du planeur par le remorqueur avec des rétroviseurs notoirement insuffisants. Sans doute faut-il pousser de nouvelles solutions : caméra arrière et écran sur le tableau de bord, signal émanant du Flarm du remorqueur ?
La première des précautions est bien sûr de ne jamais utiliser un message radio pour commenter le largage !
Enseignement
Non-événement… certes mais assurément un précurseur d’incidents-accidents, d’où l’intérêt de ce Rex.
Il faut donc répéter ici une nouvelle fois qu’il est INDISPENSABLE que le pilote remorqueur vérifie visuellement que le planeur est largué. Un coup d”il dans le rétro avant de commencer la descente est irremplaçable.
Il faut donc répéter ici une nouvelle fois que côté planeur il ne FAUT PAS annoncer son largage. Le faire, c’est entraîner le risque potentiel d’une position haute. Il faut également répéter qu’une ressource du planeur avant le largage pour gagner quelques hypothétiques mètres est un leurre qui peut aussi, un jour, entraîner une position haute.
Par ailleurs, il faut effectivement se poser la question de l’attribution des fréquences…
Les solutions techniques évoquées (caméra et écran) sont déjà à l’étude dans un club (à suivre).