Description
Je dois former une pilote remorqueur. Sur le carnet de route est noté 80 litres. Depuis cette indication l’avion a volé 1h05.
Nous avons deux remorqués à effectuer. Il y a donc suffisamment d’essence pour cela. L’indication des jauges (1 4 pour chaque réservoir) confirme la présence d’essence dans les deux réservoirs. Nous serons deux pilotes dans l’avion remorqueur. Nous devons remorquer un biplace. Pour limiter la masse au décollage nous décidons de ne pas faire de complément d’essence.
Avant le second remorqué, la check-list permet de vérifier qu’il y a toujours de l’essence dans les réservoirs, plus à droite qu’à gauche. Cependant nous restons sur le réservoir gauche.
Le second remorqué se déroule tout à fait normalement. En vent arrière rapprochée, je demande à mon élève de réajuster la puissance à 2000 t mn pour éviter un refroidissement trop important. L’action sur la manette des gaz n’a alors aucun effet. L’hélice continue à tourner. En fait le moteur est arrêté. Nous percevons un bruit inhabituel de cliquetis. Nous pensons alors à une défaillance mécanique. Nous nous posons sans problème alors, moteur arrêté.
L’avion immobilisé, l’aiguille de la jauge gauche se trouve alors à la limite du début de la réserve. Circonstances ayant entraîné cet événement:
– L’avion sortait de visite. Le mécanicien avait fait un étalonnage des jauges. Il avait signalé au pilote remorqueur qui était avec lui ce jour-là qu’il y avait 80 litres dans l avion. Le pilote a indiqué dans la colonne essence 80 L. Cette indication ne correspondait donc pas à de l’essence rajoutée. Il n’y avait donc pas plus de 100 l dans l’avion comme on le supposait sachant que lorsqu’un complément est effectué, il reste encore de l’essence dans les réservoirs.
– non connaissance de l’étalonnage des jauges. L’information n’avait pas encore été communiquée.
Analyse (facteurs humains)
– Informations erronées ou interprétation inadéquate.
* quantité de carburant notée sur le carnet de route qui n’était pas un complément
* quantité réelle de carburant dans les réservoirs (qui n’était pas d’un minimum de 100 l comme supposé)
* indication réelle des jauges légèrement optimiste.
* bruit du moteur inhabituel (cliquetis) ayant entraîné une interprétation inadéquate (penser à une panne mécanique plutôt qu’à une panne essence).
* Rester sur le réservoir le moins plein au décollage sachant que ce n’est pas un oubli puisqu’un contrôle a été effectué avant le décollage.
* Sur le carnet de route sont notés les compléments d’essence.
* Avoir une bonne connaissance de l’étalonnage des jauges
* Ne pas hésiter à faire un complément d essence même pour un temps de vol limité.
Enseignement
Commentaire FFVP
Il faut rappeler ici l’importance des indications portées sur les carnets de route en matière de carburant : les quantités ajoutées au départ ou à l’arrivée (dans la bonne case…) permettent de suivre la consommation. Il faut ensuite fonctionner à la montre avec une consommation moyenne prise en compte et en rajoutant une marge de sécurité suffisante car les jaunes ne sont pas toujours fiables.
Sur Rallye, sans partir avec les pleins complets (masse trop importante pour un taux de montée acceptable), il est difficile de déterminer la quantité de carburant à bord, non visible par les orifices de remplissage suite au dièdre important des voilures. Tout au plus peut-on secouer l’appareil pour entendre le carburant’ Des marges de sécurité sont donc à prendre en compte.