Cette belle journée d’août 2020, je me suis posé en Pégase, le train d’atterrissage rentré !
Jusque-là, je pensais que ce type d’étourderie ne pouvait pas m’arriver. Alors que s’est-il passé dans ma tête ? Je ne cherche pas d’excuses, seulement comprendre comment un tel oubli a pu me rattraper pour en tirer des enseignements et sensibiliser ceux à qui cela n’est (heureusement) toujours pas arrivé.
J’avais débuté cet après-midi par un premier vol d’à peine une heure alors que les ascendances n’étaient pas encore vraiment établies. J’ai lutté pour tenir en l’air, faisant le yoyo, pas très éloigné de la vent arrière , rentrant le train pour profiter au maximum des pompes qui se formaient alors, et le ressortant à chaque déconvenue pour me préparer à un atterrissage.
J’ai fini par renoncer, à l’issue d’une dernière tentative de raccrochage vers 400 mètres, pour assurer un atterrissage standard après avoir effectué les dernières vérifications d’usage.
Je suis reparti presqu’aussitôt avec le même Pégase avec la sensation d avoir consommé un peu de jus lors du premier vol. J’ai cependant trouvé assez rapidement de meilleures conditions qui m’ont permis de planer 2h30 dans un rayon de 20 kilomètres autour du terrain.
Je me souviens alors m’être un peu forcé à faire durer ce second vol jusqu à la fin de l’après-midi, et alors que le soleil m’avait un peu incommodé, pour profiter au maximum de ces thermiques qui m’avaient fait défaut lors du premier vol.
Encore à plus de 1000 mètres d’altitude alors qu’il était temps de redescendre, j’ai rejoint la ZPA puis j’ai entrepris une descente rapide en me mettant en spirale après avoir sorti délicatement un tiers d’aérofrein. Approchant des 400 mètres, j’ai rentré une première fois les AF tout en gardant la main sur la poignée.
Encore un peu haut, je me suis rapproché de la vent arrière , tout en ressortant les AF afin d’intégrer le circuit à bonne hauteur vers 300 mètres. C’est en début de vent arrière que j’ai alors rentré et verrouillé les AF et que j’ai annoncé clairement XX en vent arrière, piste YY, train sorti et verrouillé , persuadé d’avoir accompli cette action.
J’ai poursuivi mon circuit sans reporter, à aucun moment, mon regard à l’intérieur de la cabine et j’ai amorcé ma finale jusqu’à effectuer un atterrissage, fort heureusement, parfait.
Je me souviens avoir bien géré l’arrondi et ce que j’ai pensé être le roulage malgré un bruit de frottement inhabituel. Pour ralentir la course au sol, j’ai actionné la manette de frein, m’étonnant même de son inefficacité.
Ce n’est qu’après avoir ouvert la verrière et en sortant du planeur, plus bas que la normale, que j’ai seulement réalisé mon oubli. Mon répertoire d’erreur de jugement et d’omissions successives est le suivant :
‘ j’ai présumé de mon endurance en voulant prolonger ce vol alors que je n’étais plus au mieux de ma forme ;
‘ je n’ai pas effectué les vérifications d’usage avant même de rejoindre la ZPA ;
‘ arrivé en ZPA, je me suis appliqué et focalisé sur la descente rapide, en spirale et aux AF, sans repenser à la préparation de mon planeur pour l’atterrissage ;
‘ j’ai gardé la main gauche sur la poignée des AF jusqu au début de la vent arrière puis l’action, de les rentrer et de les verrouiller, a sans doute créé une confusion dans ma tête : en effectuant le même geste que pour la sortie et le verrouillage du train d’atterrissage (même main et même mouvement sur la poignée). C’est bien à l’issue de cette action manuelle que j’ai annoncé train sorti et verrouillé ;
‘ enfin, je n’ai pas vérifié la réalisation de mon action avant de l’annoncer.
C’est donc la précipitation pour abréger ce vol, en omettant la préparation du planeur pour l’atterrissage avant de rejoindre la ZPA puis la focalisation sur une descente rapide, le tout flanqué d’un manque de lucidité, peut-être provoqué par un vol prolongé au-delà du raisonnable, qui ont conduit à cet oubli.
Les enseignements que j’en tire sont les suivants :
1. Ne pas se forcer pour rester en l’air quand on ne se sent plus au top ;
2. Effectuer les vérifications d’usage (ici le TVBCR) avant de rejoindre la ZPA, dès que l’on a pris la décision de se poser ;
3. Contrôler visuellement les actions réalisées.
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