Skip to main content

VACHE Santo-Tomé

Titre :
VACHE Santo-Tomé
Localisation :
Date :
03/08/2023
Nature du vol :
Solo
Je suis :
Pilote
Nombre de machines :
1
Météo :
Dégats :
Oui
Phase de vol :
Approche/Atterrissage campagne
Catégorie :
1
Type d'aérodrome :
ATC :
Radio :
Oui
Type de machine :
Planeur pur
Modèle de machine :
DuoDiscus
Transpondeur :
Aucun
GPS :
Oui
Nombre d'occupants :
2
Statut :
Pilote
Âge :
18 à 50 ans
Expérience récente :
Non connue
Expérience totale :
Non connue
Statut :
Passager pilote
Âge :
18 à 50 ans
Expérience récente :
Non connue
Expérience totale :
Non connue

Passager:
18H40. Sur le retour par le Nord, prise de la dernière ascendance, je suis aux commandes. Vario très correct se situant entre +2 et +3 m/s en moyenne. Sortie d’ascendance à 2300 mètres QNH.
Lorsque nous quittons l’ascendance, nous entendons des échanges radios affirmant que la pente avant d’arriver sur l’aérodrome « fonctionne », à une hauteur de 1700 mètres QNH.
Je demande et sollicite le commandant de bord pour que nous passions par la pente pour rentrer au terrain. Celui-ci ne prévoyait pas de passer par là mais acquiesce ma demande. Je reste aux commandes.
18H50. Arrivés sur la pente, je suis toujours aux commandes. A ma droite, le dégagement, les champs proche de la ville de Riaza. Arrivée à une hauteur de 1750 mètres QNH et 130 / 140 km/h, je reste concentré et essaye de prendre la bonne trajectoire dans le but de prendre de l’altitude.
Le temps passe, aucun gain d’altitude.
Devant moi en contre-bas à gauche et sur le côté de la montagne, des roches exposés en plein soleil. J’attends de passer par-dessus et rencontrer une ascendance (comme lors des précédentes journées). Nous passons verticale les roches, aucun gain d’altitude.
18H52 et trente seconde. Nous arrivons sur la fin du versant, le temps est passé très vite, et aucun gain d’altitude n’a été pris. Nous sommes à ce moment-là qu’à 1712 m QNH et 130 km/h. Je réalise que nous sommes très bas et que nous devons dégager sur la droite dans la plaine, pour rester en sécurité. Le commandant de bord reprend les commandes. Nous ne sommes à ce moment là plus local d’un terrain aéro.
18H55. Arrivée verticale de la ville de Riaza, ville encerclée par des champs. Altitude 1440 m QNH et une hauteur de 233 m sol. Le commandant de bord toujours aux commandes, prend une ascendance au-dessus de la ville. Pendant ce temps j’essai de sélectionner le meilleur champ et lui en fait part en essayant de ne pas le déconcentré.
18H58. Trois minutes après la prise de l’ascendance, elle devient inexploitable, le vario passe dans le négatif. Je lui fais part d’un champ qui m’a l’air idéal pour se poser, il possède une longue distance, pas d’obstacle visible depuis notre position, se trouvant à une distance d’1kilomètre et 900 mètres. Il est tout à fait possible de l’atteindre mais nous ne parvenons cependant pas à savoir si la culture est haute, ou d’éventuel obstacles qui se manifesterai lorsque nous serions plus proche. Il me fait part qu’il a déjà sélectionné son champs proche de notre position. Nous atterrissons finalement dans un champ labouré d’une longueur de 170 mètres. La distance d’arrêt a été courte dûe à la terre molle qui a freiné rapidement le planeur.
Nous nous stoppons en plein milieu du champ. Aucunes blessures humaines.
Nez et rallonge d’aile droite griffé. Etrier de frein et trappes cassées.

Commandant de bord:
Quatrième jour d’une semaine de stage en Espagne à Santo Tomé del Puerto. J’avais la fonction de Commandant de Bord toute la semaine et mon passager est également mon conjoint. Durant la semaine nous avons fait des vols intenses, de plus de 300km et d’au moins 5h. Le terrain de Santo Tomé est au bord d’une région montagneuse ce qui demande un minimum d’expérience pour l’exploiter. Personnellement, j’ai un peu d’expérience en montagne mais je ne me sens pas très à l’aise et cela faisait plus de 1 ans que je n’en avais pas fais. C’est pour cela que près du relief je suis restée très prudente et ce fut un sujet de conversation au sein du groupe et durant le vol. Quant à lui, mon passager a découvert le vol de montagne durant le stage. Il n’avait aucune expérience mais était très motivée. Cependant je ne me sentais pas très à l’aise d’avoir la responsabilité de lui apprendre et le laisser piloter près du relief. Ce fut source de quelques tensions.
Les faits: Jeudi est le quatrième jour de vol. Je ressens la fatigue et le matin il y a eu des tensions avec des membres du club espagnols concernant le ballastage du planeur que nous avons dû vider. Nous décollons en dernier et je ne suis pas dans les conditions optimales pour voler: par manque de temps j’ai très peu mangé et bu, et les tensions m’ont démotivée. Dès que nous sommes en l’air, la météo est très bonne, ça nous remets de bonne humeur et on prends un bon départ en direction de Soria, derrière les autres qui ont un peu d’avance. L’ambiance est bonne dans le cockpit avec de l’entente et de l’entraide. Nous réussissons facilement à atteindre la confluence qui nous permet de monter jusqu’à 2800m QNH. La suite du vol est très technique. La confluence n’est pas facile à comprendre, nous faisons un point bas à Reznos où il y avait de très beaux champs de blé. Je rattrape le point bas au dessus d’une moissonneuse (300m sol). Nous continuons en direction de Tolède derrière les autres. L’air est très turbulent, nous avons des difficultés à remonter et la zone est montagneuse et peu vachable. Nous faisons demi tour au même moment que les autres après le lac Rio piedra. Après ce lac nous faisons un autre point bas en compagnie de Florian en FN. La zone est vachable et nous réussissons à remonter. Après tout cela, je décide de prendre un cap plein Ouest en direction de la plaine pour quitter cette confluence trop instable à mon goût. En plaine, le vol est bien plus facile, cela dégueule beaucoup mais les varios sont excellents. Nous arrivons facilement à rejoindre Ayllon, l’aérodrome juste avant Santo Tomé. Nous y faisons un dernier vario qui nous monte jusqu’à 2300m QNH.
À ce moment là, nous entendons à la radio que la pente de Riaza donne dès 1700m QNH. Mon passager me demande si on peut faire pareil. Je lui dis oui malgré ma réticence. Seule je n’aurais pas prit cette décision, j’aurais pris plus de marge ou bien j’aurais rejoint Santo Tomé direct pour prendre la pente après. Je laisse mon passager aux commandes car je sais que ça lui tient à coeur d’aller sur la pente. Je lui dis de prendre un dernier vario si jamais il en trouve un avant d’aller sur la pente mais il n’y en avais pas et cela m’arrange pas car j’aurais préféré y aller d’un peu plus haut (nous sommes 150m au dessus du plan pour rejoindre ST avec une marge de sécurité de 250m, local Ayllon et des champs de Riaza). Nous arrivons sur la pente vers 1700 m QNH comme les autres avaient annoncé sur la radio (il s’avère qu’en comparant les traces nous sommes arrivés 130m plus bas que FN et 30m plus pas que BC qui est passé quelques minutes après nous, nos tracent se superposent). Arrivés sur la pente, elle ne donne pas, mon passager persiste et continue jusqu’au bout car il pensait que les cailloux ensoleillés allaient donner mais nous continuons à descendre à vue d’œil. Pendant ce temps, je regarde derrière nous et je vois qu’on est en train de se mettre dans une situation dangereuse. Cependant, je tarde à dire à mon passager de faire demi-tour car la pente était un sujet sensible entre nous et je ne voulais pas créer de conflits supplémentaires.
D’après mon analyse, il n’était pas possible pour nous de continuer sur la pente car nous étions trop bas et les contreforts ne sont pas vachables. Nous étions aussi trop bas pour faire une directe vers Santo Tomé ou Ayllon.
Je finis par dire à mon passager qu’il est urgent que je reprenne les commandes et je fais demi tour franc en direction de Riaza avec l’espoir de raccrocher sur le village et sinon de me poser dans un des champs autour. À Riaza, j’arrive à reprendre 100m au dessus du village, et je sélectionne quelques champs rapidement dès mon arrivée. Il y avait 2 champs labourés disponibles, un très court et large et un long mais étroit (pas certaine qu’il était assez large pour l’envergure du duo) entourés d’arbres. Il y avait un champ au loin de cultures jaunes, j’étais incapable de savoir la hauteur des cultures et je juge qu’il n’était pas moissonné (il était très lisse) donc je n’ai pas pris le risque de m’en approcher pour mieux voir au risque de perdre le local de mes autres champs. Mon passager lui voulait aller dans ce champs mais je n’étais pas d’accord. Au bord du village, il y avait pleins de champs parfait de blé moissonné mais avec d’énormes bottes de foin partout en plein milieu… Je perds la pompe du village et je ne la retrouve pas. Je prends donc la décision de sortir le train et de me mettre en vent arrière à 200m du sol pour le champ labouré court. En finale, j’avais vu qu’on aurait un arbre mais je me décale sur la gauche et je l’évite comme prévu. Je prends le champ face au vent et dans le sens des sillons. Je fais mon arrondi à l’entrée du champ et nous sommes arrêtés net par la terre labourée et je comptais là dessus car le champ était court. Nous n’avons pas eu de blessures corporelles mais le planeur a été endommagé au niveau des trappes de train, des freins, du nez et de la rallonge droite (voir mon compte rendu à la maintenance). Le dépannage du planeur se passe sans encombres grâce au nombres de personnes qui sont venues aider. Merci encore.

Passager:
• Facteur humain : Le commandant de bord et moi-même sommes en couple, cela change légèrement les rapports/échanges dans le cockpit, elle n’a peut-être pas voulu engager un rapport de force ou bien me vexer quand je lui ai fais part de ma volonté de rejoindre la pente pour rentrer au terrain.
• De mon côté, trop peu de connaissances et d’expérience de la pente pour s’y engager à une altitude aussi faible.
• Confiance aveugle au message radio qui affirme que la pente fonctionne à une hauteur de 1700 m QNH. Effet de groupe problématique.
• Altitude d’arrivée sur la pente trop faible.
• Espoir + attente que la pente fonctionne comme les jours précédents (notamment à certains endroits)
• Prise de décision du dégagement vers la plaine trop tardive.
• Marge de sécurité trop faible.

Commandant de bord:
Différents facteurs ont joué durant ce vol:
• La recherche de performance: nous avons tiré sur la marge de sécurité au maximum pour chercher la performance, cependant, il fallait déterminer un seuil à ne pas dépasser avant de s’engager sur cette pente pour ne pas se mettre dans cette situation. Nous aurions dû placer une altitude et un point où il fallait faire demi tour vers un endroit safe. Le plan B était flou, je savais qu’il y avait des champs à Riaza mais je ne savais pas à l’avance lequel sélectionner.

• Facteur humains: voler en étant un équipage en couple amène à plus de complexité. Les décisions du CDB sont plus difficiles à prendre, elles peuvent être questionnés voire refusées. Il n’est pas facile de mettre les relations de côté et être objectif. Cela a mit une pression supplémentaire sur mes épaules et une peur du conflit. Je nous ai mis en danger alors que je l’avais vu venir, tout ça pour “faire plaisir” et ne pas rentrer dans une bataille d’égo. C’était une erreur, la sécurité avant tout. Il ne faut pas quitter sa zone de confort à ce point.

• Notre connaissance réduite du vol en montagne: compte tenu de notre expérience en montagne, nous n’avons pas compris que si la pente ne donnait pas a début elle nous donnerait pas plus loin, même sur les cailloux. Nous aurions dû être alarmé plus tôt afin de réagir plus vite vers un plan B. Cela nous a fait perdre de précieux mètres. De plus, nous n’avons pas réalisé que s’engager à 1700m c’était déjà limite, il aurait fallu avoir plus de recul face à l’expérience des personnes qui ont annoncé ça à la radio.

• Fatigue et pression d’être responsable/commandant de bord sur des vols intenses

Close Menu