• Date de l’événement : Samedi 11 Mai – milieu d’après midi
• Météo : bonne, vent d’est pour 10kt au sol, quelques cumulus.
• Niveau de compétence du pilote remorqueur : 290 heures de vol avion dont 59 heures
avion dans les 12 derniers mois. C’est la 3e saison de remorquage et 1ere journée de remorquage de la saison le dernier remorqué datant de 7 mois.
Faible expérience du vol planeur (11 vols en 3 ans dont 2 en 2023)
Niveau de compétence du pilote planeur : 2100 heures de vol, dont une soixante dans les 12 derniers mois.
• Déroulé les faits :
Du point du vue du remorqueur :
Il s’agit du 3e ou 4e vol de la journée.
Comme précédemment, je décolle en 07 avec le chef pilote et un PAX dans le duo discus pour un vol de baptême. Après un décollage standard, nous arrivons vers 300m, dans une zone qui se trouve en fin de vent arrière du circuit planeur et où il y a souvent une ascendance. J’en avais repéré une lors des vols précédents. Je vire à gauche mais, par radio, le pilote planeur me demande de tourner à droite. Il n’y a pas d’urgence dans le ton employé, néanmoins, je me sens obligé de faire ce qui m’est demandé. Je change de direction très sèchement, provoquant une assiette à piquer pendant quelques secondes. Je ne vois pas ce qui se passe pour le planeur, simplement je constate assez vite que le pilote du planeur a largué le câble. A ce moment, je ne comprends pas trop ce qui s’est passé, simplement je dégage pour faire de la place au planeur qui s’annonce par radio en fin de vent arrière pour un atterrissage. Le planeur se pose sans encombre et je me pose dans la foulée.
Au débriefing, le pilote du planeur m’annonce que le planeur allait passer en position haute. Je suis conscient du risque posé par les fortes inclinaisons en virage et essaie toujours de ne pas dépasser 20° d’inclinaison.
Pourtant j’ai commis cette erreur pour deux raisons à mon avis.
1. Plus grande confiance dans l’expertise des pilotes planeurs pour trouver les pompes que dans mes propres compétences et observations. Cherchant à trop bien faire, j’ai viré trop vite pour vouloir rattraper une erreur qui n’en était pas une.
2. j’ai été chercher des inclinaisons plus fortes (remarque qui m’a été faite par d’autres pilotes planeurs ce jour-là) pour essayer de centrer les ascendances et limiter le temps de rémorqué.
Du point du vue du pilote de planeur :
Je décolle en DuoDiscus avec un PAX. Le remorqué est assez brutal, la pilote remorqueur prenant des inclinaisons un peu fortes. Arrivée vers 300m/sol, alors qu’un cumulus se trouve sur la droite de l’attelage, il débute un virage vers la gauche. Je lui demande de virer à droite à la radio. Il renverse son virage rapidement, tout en présentant une franche variation d’assiette à piquer.
En deux ou trois secondes, je me retrouve fortement incliné à droite pour essayer de garder la position, alors que par effet de fronde le planeur monte et que le remorqueur continue de descendre.
La suite est une action reflexe : je largue ; Le planeur passe alors en G négatif et tout vole dans l’habitacle. J’intègre le circuit en fin de vent arrière et me pose normalement.
Au moment du largage, je ne suis pas encore en position haute, mais ce que je vois me fait acquérir la certitude qu’elle va être atteinte rapidement et que la situation n’est plus contrôlable.
L’action nécessaire sur la poignée de largage était plus importante que d’habitude, attestant d’une tension croissante sur le câble
Conclusion :
– tout va très vite ; le temps écoulé entre un remorqué « normal » et le largage doit tourner autour de 5 secondes.
– j’ai été surpris par ma réaction qui était purement reflexe ; étant instructeur, je fais de nombreux remorqués par an ; l’entrainement a joué.
-j’ai eu de la chance que mon PAX soit resté d’une zenitude totale ;