Un pilote de planeur me contacte pour un dépannage air en fin de journée, il s’est vaché sur l’aérodrome de Pithiviers situé à une quarantaine de kilomètres de notre terrain.
Il s’agit de mon premier dépannage air réel
Sans perdre de temps je m’assure d’avoir suffisamment d’autonomie pour effectuer le dépannage air et décolle en direction de Pithiviers.
Arrivé sur place, je me rend compte que nous sommes seuls , le pilote de planeur et moi même, et que je n’ai pas pensé à emporter la roulette de queue du planeur, ce qui aurait grandement facilité la remise en piste du planeur (nous parviendrons tout de même à le faire correctement).
Le pilote du planeur est slave et maitrise le français assez approximativement, juste suffisamment pour les communications radio (cela aura son importance lors de la croisière)
Au moment de briefer la procédure de dépannage le pilote vélivole me fait connaitre son ambition d’effectuer une simple remise en l’air pour pouvoir reprendre son vol là où il l’avait laissé, et qu’il n’avait pas l’intention de rentrer immédiatement à notre terrain. Quelle ne fut pas ma surprise! Et face à son insistance j’ai du lui rappeler que j’étais le remorqueur et donc le commandant de bord de l’attelage, et que sauf urgence il ne devra se larguer qu’à mon signal.
Une fois les choses clarifiées, nous briefons le vol:
Le décollage qui se fera aile basse, le 1er virage et la trajectoire de montée, la croisière, l’altitude de mise en palier (j’annonce 3000 ft QNH) et la vitesse de convoyage (140 km/h), j’annonce que je battrai des ailes lorsque je souhaiterai le largage.
Point important, j’ai omis du lui dire de ne pas rentrer le train d’atterrissage, et que le planeur doit conserver de la trainée pour garder le câble tendu. Je m’en rendrai compte plus tard.
Le décollage et la montée se passent bien , jusqu’à la mise en palier à 3000 ft.
En effet une fois atteints les 140 km/h à l’altitude 3000 ft je surveille le planeur dans les rétroviseurs et note qu’il se rapproche progressivement de mon avion, le câble se détend. Et pour cause, le LS4 est fin, et son pilote a rentré le train d’atterrissage. Sans trainée supplémentaire, dans les conditions du jour, le planeur rattrape l’avion en palier.
Hors de question de faire manœuvrer le train au pilote du planeur, c’est trop tard il restera rentré.
Une option: lui faire déverrouiller les aérofreins, la trainée sera suffisante pour conserver le câble en tension. Sauf que notre pilote ne maitrise pas bien le Français, et que je doute maintenant de ses compétences et de ses réactions: je crains qu’il ne sorte complètement les aérofreins par incompréhension.
Donc je ne dis rien, sinon que finalement nous monteront à 4000 ft.
En effet je décide conserver un vario légèrement positif tout au long de la croisière afin de maintenir le câble tendu, je suis pas restreint pas les espaces aériens sur ma route, et le convoyage est court.
Le reste du vol se passera bien