En zone de perte d’altitude, après un vol local d’une quarantaine de minutes, je prépare ma machine, sort le train et déroule le TVBC.
En fin de vent arrière je subi une forte ascendance et sort les AF pour compenser puis les reverrouille.
Après avoir tourné en base je passe à nouveau dans un thermique puissant qui m’amène à sortir les AF à 100%. Malgré cela j’arrive un peu haut en finale mais j’ai suffisamment de piste devant moi et suis encore sur le plan où 100% d’AF doivent me permettre de poser au point d’aboutissement. Je me dis de plus qu’un rattrapage de plan est toujours possible.
C’est à ce moment que j’entends un message du starter me demandant si j’ai bien le train sorti. Je suis surpris car il me semble l’avoir annoncé en vent arrière et je me mets à douter. Je rentre et ressors le train pour être sûr de moi et me remets dans la gestion de ma finale, et là, malgré la sortie des AF mon vario reste faible et mon plan fort. Pendant quelques secondes je me dis que je suis en train de repasser dans un thermique. Je prends de la vitesse mais ça ne joue pas sur mon vario comme cela le devrait avec les AF sortis.
Tout se passe vite, je commence à survoler la piste et descend peu. J’essaye d’analyser. Ce n’est pas logique, j’essaye d’élargir ma vision de l’évènement qui se déroule, et le planeur, lui, avance et ne descend pas beaucoup. En rebalayant le cockpit des yeux je me rends compte de mon erreur, je suis en train de manipuler le train et non les AF. Je verrouille le train et analyse la situation. J’estime que sortir les AF maintenant alors que la fin de piste se rapproche ne me permettrait pas de m’arrêter sereinement avant la fin de la piste et me ferait traverser une zone avec herbes hautes sur un terrain très irrégulier. Je me mets en palier et résorbe ma vitesse pour revenir à la VOA et décide de me poser dans un champ dans l’axe de piste. Je me vache convenablement dans ce champ mais sur la fin du roulage je passe sur une bosse de terre qui me fait taper la tête sur la verrière provoquant une casse du plexiglas.
Je reste assis dans ma machine, verrière ouverte à me remémorer mon approche et ne comprend pas sur le moment comment cela a pu m’arriver. J’ai l’habitude de voler sur Pégase, je sais que des confusions de commandes arrivent et j’essaye toujours mes AF en base pour être sûr de ne pas me tromper.
C’est en débriefant avec les membres du club que je remets tous les élément du puzzle en place. Les thermiques m’amenant sur un plan plus fort, je bâti un plan d’action (plein AF et augmentation de vitesse si nécessaire pour « brûler » de l’énergie) mais ce plan d’action est perturbé par un message inattendu et si je fais bien une action-contrôle sur le train (en le manipulant tout en vérifiant le changement de bruit aérodynamique et la position visuelle de la poignée sur le vert), je me remets dans ma finale sans lâcher la poignée de train et sans faire d’action-contrôle sur la sortie des AF, pressé par le temps qui tourne. C’est une phase très dynamique et sans doute que les forts thermiques en base m’ont fait penser d’abord au même phénomène avant de vraiment réaliser que quelque chose n’allait pas sur mon planeur.
Il arrive que le starter demande la confirmation du train juste après le message radio d’entrée en vent arrière quand le pilote a oublié de mentionner cet item mais le fait de recevoir ce message dans la finale m’a surpris. Au lieu de simplement répondre au message j’ai supposé que la question m’était posée parce que quelqu’un s’était rendu compte qu’il était rentré. J’ai ressenti le besoin de refaire la manœuvre de train comme pour me confirmer à moi-même que je ne l’avais pas oublié.
Lorsque la finale est débutée et que mes actions-contrôles sur les AF ont été faites, je ne dois plus changer de manettes. Seule la trajectoire compte. Si j’ai un doute sur mon train je peux toujours regarder la poignée sans essayer de la manipuler, et au pire, poser train rentré est préférable que de sortir de mon plan d’action.
Au sein du club, nous essayons d’instaurer depuis deux ans le concept de cockpit stérile au sein des planeurs biplaces (pas de discussion pendant la montée initiale et la finale sauf besoin impérieux de sécurité) mais une communication plus générale va être réalisée sur le fait que ce concept s’applique aussi au sol : pas de communication avec un planeur dans ces phases-là, sauf raison impérieuse de sécurité comme un risque d’abordage par exemple.
Une approche un peu délicat à cause des thermiques, une petite perturbation par un message radio ont suffit à créer l’incident.
La réflexion sur le concept de cockpit stérile est pertinente.
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