La météo du jour n’était pas très favorable ; une dizaine de minutes avant le décollage, un créneau favorable pour tenir en l ‘air approche. La visite pré-vol du planeur avait été faite au moment de la mise en piste : RAS le planeur est en état de voler. Je prends ma carte aéro, mon portable et mon carnet de vol et je les range dans la poche du planeur. Je m ‘installe dans le cockpit, je règle la position des palonniers, je m ‘attache et je commence le CRIS : Commandes, Réglages ok, instruments réglés QFE, Sécurité pilote attaché, parachute ajusté, pas d ‘objets libres dans la cabine (tout est rangé dans la poche), verrière et AF verrouillés, piste dégagée, vent légèrement travers (20km h).
Le câble de treuillage est accroché, l ‘essai arrière est réalisé. Pouce levé d ‘un ami qui me tient l ‘aile, je commence la procédure de treuillage. Câble tendu, planeur prêt : ça décolle. Le planeur accélère un peu rapidement, je tire sur le manche pour la rotation vers 120km h mais la vitesse continue à augmenter, puis elle chute d ‘un seul coup : elle passe de 135 à 100. Mon portable qui était dans la poche en sort et je le vois traverser le cockpit pour glisser derrière moi. Je décide tout de même de terminer la treuillée. En sortie de treuillée, croyant que mon téléphone avait glissé derrière mon dossier, je décide de rentrer le train, mais ça bloque.
Je commence à me poser la question : est ce que le portable est passé à travers le trou où l’on pose la bouteille d’oxygène et qu’il bloque du coup la bonne fermeture du train ? Je verrouille le train sur le vert, je sors les AF pour perdre rapidement de l’altitude, puis je commence mon approche. Une fois posé, je sors du planeur, je retire mon parachute et j’ enlève le dossier : pas de portable. Du coup, je passe ma main dans le trou de la bouteille d oxygène et je retrouve mon portable, sans dommage, posé à côté de l’amortisseur.
La poche où je range mes objets est détendue, on ne peut pas la fermer, pas comme sur le LS8 où une fermeture permet d’éviter que les objets deviennent libres.
Depuis, je vole avec mon portable et ma licence dans la poche, ma carte aéro bloquée entre ma cuisse et la paroi du cockpit et mon carnet de vol reste au sol. PAS D OBJETS LIBRES DANS LA CABINE. Au niveau de la sécurité du vol, je préfère avoir le portable et les objets les plus encombrants dans mes poches : au moins ça n’ira pas se loger dans le train en cas de turbulences qui éjecteraient les objets de la poche.
Maintenant, dès qu’un objet se promène dans le cockpit pendant le décollage, je ne réfléchis plus : sortie de treuillé -> on sort les AF et on se pose immédiatement : pas d’objets libres dans la cabine !!! La leçon est retenue
En sortie de treuillée et après avoir essayé de rentrer le train, j’ai hésité quelques instants à voler le train sorti. Les conditions étaient un peu meilleures et ça montait. Je me disais que ce n’était pas trop grave en fait, mais tout compte fait et par sécurité, j’ai préféré me poser.
Je pense que si j’avais continuer le vol, ça aurait été de mal en pis. Si le portable bloquait par la suite des commandes de vol, je pense que le vol serait devenu incontrôlable. Mon erreur a été d’attendre quelques instants avant de prendre la décision de me poser