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Bonjour, voici mon récit, les […]

Titre :
Bonjour, voici mon récit, les [...]
Localisation :
Local
Date :
06/05/2011
Nature du vol :
Initiation
Je suis :
Autre
Nombre de machines :
1
Météo :
Dégats :
Oui
Phase de vol :
Manutention/Mise en piste
Catégorie :
1
Type d'aérodrome :
ATC :
Radio :
Type de machine :
Planeur pur
Modèle de machine :
Nimbus 2
Transpondeur :
- Sélectionner -
GPS :
Oui
Nombre d'occupants :
1
Statut :
Stagiaire
Âge :
Moins de 18 ans
Expérience récente :
Non connue
Expérience totale :
Non connue

Bonjour, voici mon récit, les heures sont en temps local.
Date des événements : 6 mai 2011
Lieu de l’évènement : Vol au départ et à destination d’Aubenasson
Catégorie d’aéronef : Planeur
Type d’aéronef : Schempp Hirth Nimbus 2
Type d’exploitation : Privé
Information météorologiques essentielles : Cavok, léger flux de sud et de rares ascendances thermiques au moment de l’incident.
Age et expérience, 23 ans, 1300 heures de vol en planeur, instructeur et bonne connaissance des alpes françaises. 350 heures d’avion en formation CPL IR, qualifié montagne roues et skis, voltigeur.
100 heures sur type, 80 heures dans les 3 derniers mois.
Etat d’esprit le jour de l’évènement:
En 2010 pour des raisons diverses je n’ai fait que de la double commande comme instructeur et pas de circuit, en ce début de saison 2011 j’ai 4 mois de vacance et compte bien circuiter un maximum pour faire un beau score à la netcoupe, j’accompagne mon club en stage à Aubenasson avec ma machine personnelle, toutes les conditions sont réunies pour faire de beaux circuits ; j’ai réalisé au cours des 5 jours précédant 23 heures de vol dont 1 vol de 690 km et 1 vol de 720 km, je suis un peu fatigué mais je compte bien continuer sur cette lancée.

Je décolle en remorqué à 11h30 et accroche très facilement en pente les plafonds sont de l’ordre de 2400 m donc très bons pour un matin dans les Alpes du nord je remonte en direction du nord mon objectif est la Suisse et je l atteins assez facilement en virant à 300 km de mon terrain de départ vers 15h00 ; la bas les plafonds atteignent 3600 m, la journée est superbe et je pense déjà aux points qu’un tel vol peut me rapporter. Après la Suisse je descends à Val Thorens puis remonte au Mont Blanc pour augmenter ma distance parcourue.
Je décide de faire demi tour au Mont Blanc pour retourner vers Aubenasson, il est environ 17h30 il me reste 200 km à parcourir et je suis un peu fatigué par un point bas entre Chamonix et Sallanches, je vole sur les faces ouest de la chaine des Belledonnes et malgré l’heure tardive de 19h00 les plafonds sont hauts, environ 2800 m et de bonnes vz sont toujours présentes.
Il faut alors choisir une stratégie pour le retour je peux passer par les faces ouest de la bordure ouest du Vercors en assurant le local de St jean en Royan, Roman Valence puis enfin Aubenasson ou passer par les faces ouest de la bordure est du Vercors en assurant le local de St jean en Royan par la gorge de la Bourne puis passer directement en local d’Aubanasson, j’intuite que la transition du local St jean en Royan à local Aubenasson ne sera pas chose aisée, il faudra être haut mais je choisis pourtant cette solution car plus directe et se faisant le long d’une chaine rocailleuse donc sujette à de la restitution, de plus je suis à 80 km du terrain à 2800 m QNH donc sur un plan de finesse 35, confiant dans les 47 points de finesse de ma machine j’estime que le retour est possible.
J’arrive à 2250 m QNH dans le secteur des 2 Soeurs donc à 50 km du terrain sur un plan de finesse 28, le retour semble assuré mais je sais qu’il faudra passer la bordure sud du plateau du Vercors qui se dresse comme un obstacle entre moi et Aubenasson, mon calcul de finesse ne prends pas en compte cet élément. D’habitude je travail le passage de col au visuel avec l’apparition ou la disparition de ce qui se trouve derrière le col quand je m’en approche et avec une solution de dégagement si le col ne passe pas. Peu après les 2 Soeurs je traverse une zone descendante et me retrouve vers 2100 m Je suis à 20 km d’un petit col dans la bordure sud du Vercors l’endroit se nomme Pre Peyret et le bas du col se situe à 1645 m d’altitude, je suis donc sur un plan de finesse 44 pour passer ce col mais, je n’ai cependant pas fait ce calcul pendant le vol je réalisais cependant que mon plan vers ce col était très faible. J ai à ce moment la continué en direction du col, j’avais toujours la possibilité de dégager du coté du Drac car je sais que dans cette vallée il existe de nombreux champs mais cette décision je n’ai pas réussi à la prendre. J’ai continué à avancer espérant zéroter sur les faces ouest en direction du col, je m’étais fermé les solutions de dégagement vers des vaches en sécurité. J ai réalisé à cette instant donc trop tard la situation catastrophique dans laquelle je m’étais mis volant vers un col que je n’étais pas sur de passer au dessus de la foret du plateau du Vercors. Refusant la possibilité de m’écraser dans une zone dégagée car il existait une clairière que je pouvais atteindre j’ai poussé sur le manche accélérant vers 140 160 km par heure en direction du col dans le but de profiter d’un effet de sol, la minute de vol qui me séparait du passage du col a été la plus longue de me ma vie, j’ai eu peur à tout instant de toucher la cime des arbres ou de ne pas avoir assez d’énergie cinétique pour m’en sortir.
J’ai passé le col avec une vitesse voisine de 110 km par heure au ras du sol, je suis rentré à Aubenasson bouclant un circuit de 750 km.

J’ai repris les vols et les circuits après cet événement et dans un tout autre esprit, celui de ne jamais ressentir encore une fois ce que j’ai ressenti ce jour la, je me pose aujourd’hui 2 questions, étais-je un pilote dangereux pour moi et mes passagers au cours de ces 9 ans ? Et si je suis certain d’avoir compris un certain de nombre de choses ce jour la est il possible de revivre un jour une telle situation ? Mon histoire illustre l’objectif de rentrer à tout prix au détriment de la sécurité et la notion de renoncement, je pensais l’avoir compris en 9 ans de vol en montagne mais il n’en était rien, les 750 km, le classement de la Netcoupe, le retour au terrain ainsi que tout le confort qu’ils prodiguent par rapport à une vache et à un dépannage ne justifiaient pas mon comportement. Vous trouverez le fichier IGC de mon vol sur Netcoupe à la date du 6 mai 2011, mon nom est Romain FERT en moins de 25 ans. La trace et surtout l’animation 3D si vous disposez d’une représentation du relief parlent d’eux même.
Les menaces étaient la fatigue, la focalisation sur l’objectif, le besoin de rentrer pour des raisons de confort, l’expérience peut être surestimée et la trop grande confiance dans les performances de la machine. L’enseignement est que même après 1500 hdv on ne doit pas se fier à son instinct mais revenir aux bases et calculer ses locaux en tenant compte de tous les éléments. Commentaires FFVV: félicitations pour cette franchise et honnêteté intellectuelle.

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