Pilote débutant avec moins d’une saison derrière lui. 20hdv fin 2011 avec le lâché. Et moins de 30h supplémentaires en 2012, dont 25 en cdb et moins de 20 depuis le brevet.
Météo moyenne mais seulement 5-10kt de vent et travail en local finesse 10. Plafond 1100m QFE.
Pilote débutant avec une progression initiale plutôt rapide, mes excès d’assurance et d’enthousiasme m’ont un peu été reprochés récemment par mes instructeurs. Un peu mal à l’aise par l’image que je pense du coup renvoyer, j’essaye d’en prendre bonne note et de respecter scrupuleusement les consignes qui me sont données.
La journée commence bien, le vent est faible les nuages pas très hauts mais la convection s’annonce correcte. On met les planeurs en piste, je pense faire ma prévol normalement et mon CRIS sérieusement. Le QNH est donné à 1020hpa et l’altitude du terrain est d’environ 140m. Je règle mon alti (qui me semble bon à 10m prêt) et constate que le QNH affiché est de 1010. Je ne m’inquiète pas plus que ça, j’ai constaté que la plupart des alti sur les machines du club ont une valeur de QNH très approximative voir franchement fausse et ça ne change rien en local.
J’effectue un premier vol sans problème. La configuration du jour fait que l’espace de classe A se situe à 3500ft (1050m) à la verticale du terrain et à 4500ft (1350m) à environ 6 ou 7km plus loin. Après la prise d’altitude, je spirale à 100 ou 200 mètres (horizontalement) de la limite entre les deux zones jusqu’à 1030m environ et sort de spirale pour aller 200m plus au sud dans la zone limitée à 1350m et essayer de continuer à monter un peu. Il y a quelques semaines, j’étais resté du mauvais coté de la limite en me disant que ça ne changeait pas grand-chose d’être à gauche ou à droite de la route mais je me suis promis le soir venu de ne plus jamais le faire, souhaitant ne pas multiplier les raisons de me faire réprimander et bien décidé à appliquer strictement les consignes. Je passe donc dans la bonne zone accroche un peu puis reviens au terrain et me pose sans souci au bout d’ une heure. Les collègues retombés également parlent de plafond à 1250m alors que la base des nuages ne m’a pas semblé dépasser les 1150m.
Je décide de repartir 1h plus tard. Je me réinstalle, refait mon CRIS et décolle. Sur la plateforme le remorqué a un prix unique pour une hauteur de 500m sol. Au bout de 440m le remorqueur bas des ailes et je largue, plutôt de mauvaise humeur d’être largué si bas alors que les conditions sont finalement très moyennes. Je fais mon vol sans accrocher grand-chose et tente de raccrocher à 2km du terrain jusqu’à une altitude de 300m sol, altitude max pour spiraler sur notre plateforme. M’étant fait rappeler cette consigne récemment, je sors de spirale strictement à 300m sol et rejoins la vent arrière sans tourner le dos au terrain et la débute à 230m environ. Je m’annonce et constate un planeur devant moi très bas que je n’ai pas entendu à la radio. Je lui signale ma présence et décide de rallonger ma vent arrière et de faire une base sans trop d’AF pour lui laisser le temps de se poser. Je me retrouve en longue finale avec un plan extrêmement fort, malgré mes pleins AF et une assiette à 130km h. Je pense au rattrapage de plan mais ne l’ai jamais fait en instruction et me dis que ce n est pas le moment opportun d’expérimenter seul ce genre de man uvre. La piste est longue, je me contente de prendre une assiette à 150kmh, puis reviens dans le plan et me pose à 120kmh mais sans souci. Sur le coup, je mets ma finale mal stabilisée sur le compte de l’autre planeur qui a perturbé ma prise de terrain.
Chaque soir après les vols, je prends le temps de les déloguer et de les analyser. Un rapide coup d il sur l’ordi du club me montre que j’ai emplafonné la TMA de quasiment 100m. Je suis dubitatif puisque j ai été très attentif à ne pas le faire. Je soupçonne un problème avec l’alti et hésite à en dire un mot à un instructeur.
Le soir à la maison, je regarde tout ça plus attentivem Cette expérience me donne, à postériori, des sueurs froides. Quelles auraient été les conséquences pour moi ou pour le club si j’avais croisé du trafic IFR, ou simplement si j’avais été signalé ailleurs qu à ma place.
Plus grave, si l’altimètre au lieu d’être réglé 100m trop bas avait été laissé 100m trop haut me serais-je rendu compte de l’erreur ou serai-je sorti de spirale à 200m sol (pensant être à 300m), avec une vent arrière commencée à 100m au lieu de 200m et une arrivée au ras du sol ? Si quelqu’un au sol m’avait ensuite dit que j’étais arrivé très bas, j’aurais probablement répondu avec assurance que j’étais pile poil bien et à l’altitude enseignée sans me poser plus de question.
Quelques conclusions :
– même si j’ai la certitude de faire mon CRIS avec le plus grand sérieux (et souvent plusieurs fois), je suis bien obligé d’admettre que les faits me prouvent le contraire et que le compte n’y est pas
– de nombreux éléments auraient du m’alerter (plafond de 100m plus haut pour mes collègues que pour moi, obligé de sortir plein AF en finale, remorquée tronquée, etc) mais je me suis posé et ait rangé mon planeur sans me poser plus de questions que ça.
– j’ai fait deux fois des PTL avec une vent arrière à 300m sol au lieu de 200m sans me rendre compte que j’étais trop haut sur le plan, ce qui me montre que je fais de très sérieuses erreurs d’appréciation. J’imagine que ça ne vient qu’avec l’expérience mais je vais néanmoins demander à mes instructeurs de me faire refaire des exercices dans ce sens.
– je vais (re)demander à faire des exercices de rattrapage de plan pour le jour où j’en aurai vraiment besoin
– bien décidé à être dorénavant irréprochable sur les consignes et altitudes qui me sont données, je me suis focalisé sur les valeurs de l’altimètre. Il faut que j’arrive à trouver un juste équilibre entre le respect strict des consignes et un peu de bon sens et de jugement quand même.
– je vais continuer à déloguer et analyser systématiquement tous mes vols. Si je ne l’avais pas fait, je ne me serais même pas rendu compte de mes erreurs et en aurait donc rien tiré.
© 2026 Fédération Française de Vol en Planeur. Centre de confidentialitéMentions légales