Nous exploitions depuis quelques minutes une ascendance sur le relief entre la Tête du Peyron et le Mouriare. Nous étions à environ 2800 m, en spirale à gauche, à moyenne inclinaison, l’ascendance n’était pas turbulente.
Il était 16 h 30 et dans ce secteur à cette heure de l’après midi le nombre de planeurs y est important. Nous sommes donc tous deux : le copilote qui est aux commandes et moi-même très attentifs.
En même temps que le Flarm me le signale, je vois dans nos 3 heures un planeur en vol rectiligne qui se dirige vers notre position avec une vitesse de rapprochement importante ; il m’apparait être à la même altitude que nous.
Notre virage se poursuivant c’est vers l’intérieur du virage (coté gauche) que je cherche le dit planeur, qui est censé engager notre spirale.
C’est alors qu’avec le copilote nous le voyons apparaitre sur notre coté gauche, avec la même inclinaison que nous, légèrement plus bas, très près, et nous dépassant…..
La suite s’enchaine très rapidement :
Tout en me rendant bien compte qu’il est anormalement très près, je vois dans le même instant le pilote du monoplace lever la tête dans notre direction…et accroitre son inclinaison. L’extrados de son aile droite accroche alors l’intrados de notre aile gauche.
J’entends distinctement le bruit du choc, et regarde aussitôt si des débris de l’accrochage se détachent des 2 machines. J’observe aussi que le monoplace qui s’est éloigné de nous par sa man’uvre, continue sa spirale.
Dans l’ASH le copilote a senti dans les commandes que l’aile gauche s’était un peu levée au moment de l’impact, mais le pilotage demeure normal.
Nous continuons la spirale avec le monoplace sur au moins un tour, ce qui nous permet de relever son immatriculation;.
Rassurés sur notre sort et celui du monoplace nous nous posons alors 2 questions :
devons-nous nous poser sur l’aérodrome le plus proche (St Crépin distant de 15 km) ? devons- nous passer un message radio sur cet abordage ?
L’ASH étant en parfait état de vol nous décidons d’interrompre le vol pour rentrer directement à Vinon.
Dès lors que les 2 planeurs poursuivaient leur vol, et en l’absence de contact radio avec le monoplace, nous avons estimé qu’il n’était pas utile de rendre compte sur la fréquence du club de cet incident. Cela n’aurait pas modifié notre situation, mais au contraire généré de l’inquiétude, et perturbé les autres planeurs en vol.
Nous avons donc été surpris en nous posant à Vinon d’apprendre que les services de la navigation étaient déjà informés d’un crash, et que des recherches étaient déjà engagées auprès des plateformes du Sud. L’explication nous viendra plus tard par la Tour de Gap Tallard où est basé le monoplace : après l’abordage le pilote du monoplace qui est allemand, ne parlant pas le français et s’exprimant difficilement en anglais, a informé Gap par radio qu’il avait fait un crash ! En l’absence d’information sur le second appareil impliqué, l’alerte avait été donnée….
Notre question: devions-nous relater l’incident :- par radio, et avec qui : le starter de Vinon, ou Marseille Info ? – un téléphone portable étant à bord, devions nous l’utiliser ?
Ceci aurait éviter une mobilisation des moyens mis en oeuvre.Oui car elle nous a donné le sang froid permettant d’anlyser la situations sans stress.
Tout est allé très vite, et ce sont les actions réflexes qui ont joué (ex : observer si des débris étaient projetés – que fait l’autre planeur dès lors que nous continuons notre vol normalement).
Nous n’avions guère de possibilité de man’uvre : piquer n’était pas judicieux nous pouvions l’accrocher ; seul un basculement du virage vers la droite nous aurait éloigné de lui.
Commentaire FFVV:
Les questions que se pose le cdt de bord sont très pertinentes et méritent une profonde prise en compte.
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