Lors des championnats du monde de planeur classe 15 mètres, je pilotais le planeur FB de type AGS29-15 mètres. Au cours de l’épreuve 12, j’ai eu une collision en vol avec le planeur PC .
Nous spiralions à environ 30 km à l’ouest-sud-ouest d’Uvalde à environ 1800 1900 mètres. Le planeur PC était arrivé environ 100 mètres en dessous de moi dans le thermique. Un tour avant la collision il était environ 20 mètres en dessous de moi. J’ai remarqué qu’il avait une bonne bulle donc je me suis recentré (très légèrement) avec lui. Je pense que j’ étais environ 100 à 150 mètres derrière lui à ce moment. ¾ de spirale ensuite, j’ai entendu une alarme du Flarm (alarme de proximité) avec l’indication below pendant un maximum de 2 secondes. J’ai alors ressenti un gros choc sans avoir vu de planeur avant la collision. J’ai regardé sur le coté gauche et j’ai vu le planeur PC en 2 morceaux : la queue et l’avant du planeur (ailes + cockpit). Le fuselage était cassé au niveau de l’immatriculation. Le choc à eu lieu à mon bord d’attaque gauche à environ 50 80 cm de l’ emplanture.
Mon planeur semblait en état de vol. Après environ 5 secondes qui m ont semblées très longues, j’ai vu une partie blanche qui s’est détachée du cockpit, puis un point noir avant que le parachute de PC ne s’ouvre.
Juste après la collision, l’eau des ballasts a envahi le cockpit. Après avoir vérifié que le planeur semblait contrôlable, j’ai vidangé les ballasts et sorti le train.
Mon équipier qui était au même endroit est venu vérifier l’état apparent de mon planeur entre 3 et 5 minutes après la collision. Tout semblait intact d’après lui (notamment la profondeur). Il avait transmis les coordonnées géographiques de la collision au coach par radio.
J’ai décidé de continuer vers Uvalde à 100 120 kph. Mon altitude est passée de 1900m à 1400 mètres pour le plané. Arrivé vertical le terrain j’ai essayé des spirales faiblement inclinées ainsi que la sortie des aérofreins. Tout s’est passé normalement. Je me suis donc posé à Uvalde avec un circuit large et avec les volets au neutre. J’ai arrêté le planeur après le premier taxiway. Nos planeurs étaient tous les 2 équipés de Flarm, de bandes anticollisions, nous sommes 2 pilotes expérimentés (au moins 3000h de vols en planeur pour tous les 2, tous les 2 pilotes professionnels), la collision a quand même eu lieu.
C’est vrai que celle-ci a eu lieu lors d un championnat du monde ou l’engagement de tout le monde est au maximum. Il faut bien avoir conscience qu’on pratique un sport où le risque n’est pas nul et qu ‘il faut être très rigoureux dans nos procédures malgré la routine des vols qui s’enchainent
PC m’a avoué qu’il fatiguait un peu après 10 épreuves. Je n’avais pas cette sensation à titre personnel pour plusieurs raisons : je suis arrivé très en forme physiquement (travail foncier depuis 6 mois), je dormais très bien, je prenais des vitamines et sels minéraux tous les jours, et de l’oxygène en vol tout le temps (au-dessus de 1400m). Peut-être peut-on trouver là, avec la fatigue de 10 épreuves, un début d explication ?
Les conséquences ont été fort heureusement limitées car PC a très bien effectué ses man’uvres pour s’éjecter. Il est maintenant obligatoire de s’entraîner à l ‘éjection une fois lors des vérifications techniques des championnats internationaux. Faut-il aller plus loin en incitant les pilotes à équiper leur planeur de parachutes pyrotechniques ? La même collision à moins de 1000 mètres sol aurait certainement eu d’autres conséquences
Enfin, même si le Flarm n a pas empêché la collision il est fort regrettable que celui-ci ne soit pas obligatoire en championnat international alors qu il est devenu obligatoire en France.
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