L’événement que je commente s’est déroulé au CMP21.535 sur la base aérienne 273 d’Ambérieu.
La météo est incertaine aussi afin de profiter au mieux de la journée nous décidons de débuter les vols dès le matin.
Les planeurs sont attribués, chaque instructeur prend en charge trois élèves.
Pendant que je signe le cahier d’ordre, la F13 et que je consulte les fiches de progression, les stagiaires sortent les planeurs, les emmènent en piste et effectuent les PPV.
Maintenant tout est prêt, il est à peine 09h55 mais il fait déjà très chaud, 23°C. Mes trois élèves sont proches du lâcher. Nous décollons pour cinq tours de pistes dont un avec retour au sol.
La matinée se déroule sans problème ou presque ?
12h30. nous partons manger.
Retour du mess une heure plus tard. La météo est nettement plus favorable que ce que nous l’envisagions. Nous pouvons reprendre les vols.
14h05, cette fois je décolle sous une chape de plomb pour un vol plus long. Depuis le matin, la température n’a cessé de grimper, il fait maintenant 27°C. le remorqué est calme, je me largue à 850m QNH. Le vol libre débute. Il se déroule normalement jusqu’au moment ou nous entendons sur la fréquence 129.75 un hélicoptère de Lyon Bron DRAGON 69 à la recherche d une balise de détresse émettant sur 121.5. Il est environ 14h35. Sa zone de recherche se situant dans notre secteur, le responsable des vols du jour nous demande de vérifier nos balises, chose que je m’empresse de faire effectuer à mon élève installé en place avant. Il me confirme la bonne position de l’interrupteur sur auto . Tout parait normal.
Les cinq planeurs en vol effectuent le même contrôle. Les planeurs au sol sont également vérifiés. L’émission demeure.
Au environ de 14h46, Dragon 69 effectue un passage à proximité de mon planeur et l’identifie comme étant la source probable de l’émission mais le doute persiste. L’ordre de descendre nous poser est donné. J’entame alors une descente rapide et atterri sur la piste 02 à 14h56.
La trappe d’accès est ouverte et l’arrêt de la balise confirme que je suis sur le planeur incriminé. Il est 15h10.
Et là ! Surprise, après investigation nous constatons que l ‘interrupteur placé sur mon tableau de bord se trouve sur la position manuel , probablement basculé à l’issue de mon quatrième vol.
L’interrupteur est repositionné sur auto et la balise est remise en marche.
Le signal de détresse a disparu. L incident clôt, l’alerte est levée à 15h20.
Cet incident n a pas eu d influence directe sur la sécurité des vols mais a entraîné un déploiement important de moyen de secours qui aurait pu être utilisé sur d’autres lieux.
Beaucoup de questions viennent à mon esprit, comment ne m’en suis-je pas aperçu ? Comment ai-je pu omettre de vérifier mon interrupteur alors que j’ai demandé à mon élève de contrôler le sien ? J ai du mal à me l’expliquer mais le fait est là, devant mes yeux. Alors fatigue ou manque de concentration due à une déshydratation ? Pourquoi pas les deux ?
L’enseignement que j’en tire est que la vigilance est et doit être une règle d’or lors de conditions difficiles car la fatigue nous gagne insidieusement
Penser à boire régulièrement par temps chaud même si la soif ne se fait pas ressentir. Lorsque l’on s en aperçoit, cela peu être déjà trop tard.
Qu’il ne faut jamais se précipiter entre deux vols et effectuer un contrôle systématique de la cabine et des interrupteurs après chaque installation. Pourquoi ne pas intégrer ce contrôle dans le CRIS pour les planeurs militaires qui sont équipés de balise de détresse?
Il parait que l expérience croit à chaque fois que l on se pose et que quelque chose ne s’est pas passé comme prévu. Quand des erreurs sont commises elles doivent être commentées.
Dans cette activité, il y a ceux qui ont fait des erreurs et il a ceux qui vont en faire. Un débriefing ne remet pas en cause ces compétences mais peut permettre aux autres de ne pas refaire les mêmes erreurs.
Les règles et les principes de base en aéronautique sont toujours les mêmes, il faut vérifier et contre vérifier ses actions et appliquer à soi même ce que l’on demande à son élève.
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