J’étais partie pour un circuit à but fixé de 315km. J’ai décollé de l’aérodrome de Colmar avant midi, pour me larguer à 1200m après les Trois Epis. Je prends le départ en franchissant ma ligne au Galz et trouve une ascendance jusqu’à 1600m je m’avance vers les crêtes vosgiennes et reprends une ascendance au niveau du Tanet. Je prends un cap Sud en direction de mon premier point de virage Plancher les Mines en longeant les crêtes. Une ascendance avant le col de la Schlucht me permet de grimper à 1800m, puis au Hohneck je gagne 1950m
Je reprends mon cap tout en longeant les crêtes et là je rencontre un forte zone descendante affichant -5 sur mon vario! Mon altitude chute rapidemment je survole une forêt et repère devant moi une chaume au soleil où j’espère vivement retrouver une pompe salvatrice. Je l’atteints alors que mon alti affiche encore 1300m et le sol est à 100m en dessous. Je tente de centrer cette ascendance, j’ai observé la surface du sol, et repéré la partie de la chaume qui me semblait la plus accueillante pour un atterrissage. Après quelques tours de spirales, avec la proximité du sol, mon ascendance n’est pas centrée et ma situation ne s’est pas améliorée, je commence à mal piloter! Je décide alors de me poser. Je fini mon virage face à mon terrain d’atterrissage,je sors les AF et après une courte finale touche le sol sans choc, roule sur la pente montante sans être trop secouée, à faible vitesse le planeur fait un cheval de bois jusqu’à l’arrêt.
Je me suis posée à coté du refuge du Hannenbrunnen à 1185m. Ce jour là, le vent était orienté Nord pour environ 20km h. Sur les crêtes vosgiennes, il déclenche de bonnes ascendances mais aussi des descendances sévères que j’avais sous estimée sur une distance aussi longue après mes prises d’altitude précédentes. Pour me sortir de la, j’ai sans doute volé trop vite et cela m’a fait perdre trop d’altitude pour aller trouver ma prochaine ascendance au Hannenbrunnen.
Le dégagement préconisé vers le champ répertorié de Mittlach n’était plus engageant pour moi, étant déjà trop basse sur les chaumes. La vallée étroite n’était que forêt et je ne voyais pas le champ.
J’ai fait le choix d’aller me poser sur la chaume, je n’avais pas de surcharge mentale à ce moment là et pour maîtriser mon atterrissage.
Ne pas négliger le vent du Nord sur les Vosges.
Mieux adapter les vitesses lors des transitions
Savoir renoncer surtout si le pilotage se dégrade
Prendre la décision d’aller atterrir quand toutes les conditions pour que cela se passe au mieux sont encore réunies, même si l’endroit est insolite.
Enseignement
Commentaire FFVP
– Il faut se fixer des objectifs conformes à ses compétences et à la situation météo.
– En montagne il ne faut voler qu’en local d’une zone atterrissable répertoriée. Pour certains champs il peut être nécessaire de faire une reconnaissance préalable à pied et ou en vol avec une prise de terrain (en Motoplaneur ou en ULM par ex.) afin de pouvoir les utiliser en sécurité.
– La perte du local visuel d’un champ est une difficulté à laquelle il faut s’entrainer. Dans le cas présent la zône posable de dégagement était accessible en finesse 10. Aller vers celle ci aurait pu permettre de se poser dans de meilleures conditions, voire de raccrocher.