Il est tôt, le ciel est clair mais la l’air est frais et très humide car la brume persiste en contre-bas du plateau.
Planeur préparé et visite pré-vol effectuée je viens m’installer en place arrière pour commencer à passer le CRIS en revue, pendant ce temps je fais signe à un auxiliaire pour venir essuyer le surplus de buée présent sur les verrières biplace, il s’agirait de ne pas décoller IMC.
Paré, nous jetons un coup d il aux alentours, câble tendu et remorqueur en visu malgré une légère couche de buée nous énonçons les procédures d’urgences et décrivons à voie haute la présence d’un champs de secours en bout de piste. Le planeur est prêt ainsi que ses occupants, le champs de vision est dégagé et la buée partira complètement une fois que la machine aura prit un peu de vitesse.
Décollage calme et sans encombre, malgré tout j’éprouve quelque difficulté à bien voir la totalité de l’avion devant il semblerait que nous ayons plus chaud que prévu. Coup d il aux instruments et à notre hauteur à travers le fenestron, retour au tableau de bord où là, le remorqueur est belle et bien invisible.
Impossible en si peu de temps, il doit être sous mes yeux devant, sur l’horizon mais gêné par la buée résiduelle je ne parviens pas à me décrire la forme de l’avion. Le planeur tremble (je passe dans le souffle) et cabre légèrement, 90, je contre en poussant sur le manche et m’aperçois qu’en réalité le remorqueur se trouve bien au-dessus et le câble s’incurve.
Position basse, comment je ne sais pas mais l’heure n’est pas à la réflexion et je tire légèrement pour corriger mon étagement, le câble se retend en même temps et le planeur cabre de manière plus prononcée, je ne peux me résoudre à continuer mon action au manche car l’anémo indique 80 ! 2 secondes de réflexion … ACCÉLÈRE dis-je à la radio, la vitesse ne pouvant être que notre seul espoir car désormais le champs de secours est bel et bien passé. À noter qu’à ce point la buée est partie malgré notre sueur froide.
La vitesse augmente et je peux cabrer gentiment et retrouver une position correcte, l’attelage ralentira ensuite pour poursuivre sa montée.
Plus de peur que mal. Durant cette courte période où le planeur a pris une position inusuelle le réflexe premier fût de retrouver l’étagement correct mais la configuration en position basse avec un câble détendu n’a pas permis de revenir directement aux références, en effet, quand ce dernier venait à se retendre la machine cabrait de manière trop prononcée et la vitesse chutait dangereusement aussi le réflexe premier était de rendre la main.
Câble tendu le planeur ne pouvait pas piquer suffisamment pour retrouver une vitesse idéale et dès que l’action était à cabrer, la vitesse chutait. Ne souhaitant pas larguer et tenter une contre QFU hasardeuse, la man uvre de secours de secours qui me vient à l’esprit à ce moment est la prise de vitesse par le remorqueur afin d’assurer au planeur de pouvoir cabrer sans passer sous une vitesse critique.
L’erreur principale est d’avoir surestimé le pouvoir de désembuage des aérations du planeurs, les conditions météorologiques ont fait qu’il ne s’agissait pas d’une petite buée classique des vols en sommet de thermiques toutes buses fermées où quelques secondes suffisent à retrouver une verrière totalement limpide.
Une seconde d’inattention en début de remorqueur m’a fait passer en position basse et, désorienté, cherchant notre mule devant, gêné par une buée persistante, je me suis rendu compte trop tardivement de l’erreur commise.
Une suite d’actions, que je juge bonne sur l’instant (mais charge aux lecteurs de me détromper) permet d’éviter le décrochage du planeur et par conséquent du remorqueur à basse altitude.
Une frayeur payé un peu cher mais qui se finit bien fort heureusement.
Attention donc à bien se garder de décoller avec une buée résiduelle, même faible (càd permettant de distinguer suffisamment nettement le remorqueur) car la chaleur produite par les pilotes une fois la verrière fermée et l’efficacité toute relative des buses sous ces conditions peut faire perdre de vue l’essentiel.
Les solutions à envisager seraient, couvrir bouche et nez pour éviter l’air chaud et humide de l’expiration, ne pas laisser le planeur sans housse de verrière, essuyer avec la matière idéale la verrière afin de supprimer l’humidité. Ne pas décoller sinon.
– La perte des références visuelles est une situation très grave qui peut se terminer rapidement en perte de contrôle..Ce sont des situations météo très particulières froides le matin avec une masse d’air humide qui condense à tout va. Nous pensons que dans ce cas de figure il est raisonnable de reporter un peu le décollage.
– La règle générale demande à ne pas quitter le remorqueur des yeux pendant le remorquage. Celle ci est un impératif absolu dans une sitution de mauvaise visibilité, comme dans le cas présent.
– Dans de nombreux pays, la position normale de remorquage est en dessous du souffle du remorqueur. La position basse n’est pas dangereuse. Il convient malgré toutde la signaler au pilote remorqueur en même temps que la demande d’accélérer, car le réglage rétroviseur ne permet souvent pas de voir un planeur aussi bas. Une fois la vitesse normale retrouvée, il est facile de remonter.
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