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Décrochage dynamique au treuil

Titre :
Décrochage dynamique au treuil
Localisation :
Local
Date :
13/03/2018
Nature du vol :
Initiation
Je suis :
Autre
Nombre de machines :
1
Météo :
Dégats :
Oui
Phase de vol :
Envol treuil
Catégorie :
1
Type d'aérodrome :
- Sélectionner -
ATC :
- Sélectionner -
Radio :
- Sélectionner -
Type de machine :
Planeur pur
Modèle de machine :
H101 Salto
Transpondeur :
- Sélectionner -
GPS :
Oui
Nombre d'occupants :
1
Statut :
Stagiaire
Âge :
Moins de 18 ans
Expérience récente :
Non connue
Expérience totale :
Non connue

Préambule:
Cet événement a eu lieu au mois de mai 2016, à l’époque je n’avait pas fait de REX de peur, malgré l’anonymat, d’incommoder les responsables du club qui relançaient leur activité au treuil. Ayant beaucoup réfléchi sur le sujet, Je veux désormais combler cette lacune.

Contexte:
Déplacement dans un club extérieur à l’occasion d’une rencontre amicale.

Planeur:
H 101 Salto acquis l’hiver précédent, planeur de voltige 13,60m, gréé pour ce vol avec les rallonges d’aile portant l’envergure à 15,50m.

Pilote:
Expérience: 600 hdv Cdb, 200 hdv instructeur, moyen d’envol principalement treuil et accessoirement remorquage. Expérience sur Salto au moment de cet événement: 7 hdv + 5 treuillées et sortant d’un stage voltige élémentaire.

Événement:
Lors de la prise de contact avec le conducteur de treuil, il ne semblait pas trop à l’aise de devoir treuiller un planeur de voltige. Connaissant les caractéristiques du treuil TOST et la météo étant favorable (peu de vent, dans l’axe et convection faible), je rassure celui-ci en lui disant que le Salto se treuille comme un Pégase mais demande juste de ne pas m’arracher au décollage (Ayant discuté avec d’autres propriétaires, je savais que le Salto pouvait avoir une imprécision à la profondeur au début de la rotation si l’accélération était déraisonnablement forte).
Lors du roulage je sens que l’accélération est trop faible, je demande calmement d’accélérer. Au moment ou je prends la décision de larguer car ce roulage est bien trop long, je me fais littéralement arracher, le badin monte rapidement à 150 Km h. Le conducteur de treuil, sans doute se rendant compte de son erreur coupe quasiment toute la tension lorsque je lui demande de ralentir. Je rends la main et redemande ensuite la tension voyant que la hauteur est confortable pour moi (environ 200m QFE). La tension revient si brutalement que le planeur effectue un départ de tonneau déclenché vers la gauche. Malgré le fait de toujours tenir la poignée jaune et sous l’effet de la surprise, je n’ai pas le temps de larguer que la sécurité arrière du crochet libère le câble. Je me retrouve en piqué quasi vertical, effectue une ressource normale et me pose en circuit court sans plus d’encombres. Ce qui a joué contre moi:

1 Le fait que le conducteur de treuil ne soit pas à l’aise et que j’aurais du en tenir compte en m’abstenant de voler.
2 La chaîne d événements a du perturber le conducteur du treuil au point qu’il a peut être eu des réactions tardives et ou brutales à mes demandes (accélérer sur un câble très détendu amène lors de la retente à une très rapide augmentation du facteur de charge. A ce moment, même une très légère dissymétrie peut produire un décrochage dynamique sous forme départ en tonneau déclenché).
3 Ayant une expérience de cinq ans au treuil, j’ai déjà eu quelques treuillées mouvementées mais sans conséquences sur d’autres types de planeurs club (ASK13, Alliance 34, Marianne, Pégase, LS4), je ne m’attendait donc absolument pas à ce scénario.
4 Après avoir expérimenté pendant deux ans le Salto en vol libre (140 hdv) avec et sans rallonges d’ailes, il apparaît que que la configuration 15,50m est plus instable en lacet du fait de son fuselage très court par rapport à l’envergure. Après essai en vol libre de variation de facteur de charge sous légère dissymétrie en configuration 15,50m le départ en tonneau déclenché est moins net que dans mon souvenir mais reste bien présent.

Ce qui a joué pour moi:

1 La hauteur à laquelle a eu lieu l’événement (environ 200m) et le largage automatique du câble m’a permis d’effectuer une ressource normale malgré la surprise.
2 L’expérience récente en voltige (deux semaines après l’obtention de la qualification) m’a permis de réagir de façon adaptée à une position inusuelle et stressante.
1 Identifier les menaces: ne pas additionner les inconnues des deux côtés du câble (dans cet événement: formation expérience du conducteur de treuil et pour le pilote la méconnaissance des réactions de la machine dans les situations de décrochage dynamique avec les rallonges d’ailes).
2 Penser que l’on est toujours en vol parfaitement symétrique au treuil ou que le planeur est lui même construit de façon symétrique est sans doute une utopie.
3 Je garde la poignée jaune en main jusqu’à la fin de la treuillée même si c’est inconfortable.
4 J’ai la certitude d’avoir ce jour là grillé un joker, même si j’utilise encore de temps en temps le treuil comme moyen d’envol, je ne m’accroche au câble qu’aux seules conditions de connaître les réactions aux variations de facteur de charge de la machine que j’utilise mais aussi la façon dont le treuil est mis en oeuvre (formation et expérience des conducteurs de treuil).

– Merci pour cet important retour d’expérience.
– La formation des treuillards est primordiale pour la sécurité. Attendre qu’ils aient l’expérience suffisante des situations inhabituelles avant de les laisser seuls aux commandes.
– En cas de ré-accélération, au treuil, surtout à basse hauteur, il y a un grand danger de perte de contrôle.
– LA procédure devrait être : pas de ré-accélérations au treuil, surtout à basse hauteur,
– Vitesse insuffisante = rendre la main, larguer, se poser et redécoller.
– La prochaine édition du guide treuil, prévue pour début 2019, évoluera pour améliorer ce point.

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