Lors d’un vol sur les Pyrénées en Janus CE, nous quittons une ascendance à une hauteur d’environ 3500 m et nous dirigeons vers une zone qui semble favorable mais dont le plafond se situe plus bas que celui de la zone quittée. En conséquence je décide de prendre une vitesse très proche de la VRA et effectue une transition d une bonne dizaine de kilomètres dans un air relativement calme m’amenant sous la masse nuageuse. Arrivant sous cette matérialisation, je constate que je ne passe pas sous la couche et tire donc les aérofreins. Au bout de quelques secondes dans cette configuration, notre machine est soumise à une turbulence, non violente cependant. En conséquence je procède à une rentrée des aérofreins et à une réduction de vitesse. Cette action révèle la détection d’un comportement anormal de la machine que j’assimile à une vibration de palette d aérofrein. Je regarde à gauche, constate un aérofrein rentré, je regarde à droite et constate comme mon passager que l’aérofrein reste en position sortie pour un dépassement d environ 3 centimètres de l’extrados. La première action est de vérifier le local de l’aérodrome de la Séo de Urgel et de prendre sa direction (Kilomètre 63 de l’aérodrome de La Llagonne). Constatant la prise de local sous un plan fort, je manoeuvre, à plusieurs reprises la commande d’aérofrein, pour une sortie et rentrée complète. Cette action reste sans effet, les aérofreins restant manoeuvrant mais l’aérofrein côté droit, dépassant toujours de 3 centimètres environ. La machine semblant saine, personne n’étant joignable à la radio sur l’aérodrome de la Llagonne, je confie les commandes à mon passager (SPL, restreint, 70 heures de vol environ) et téléphone à notre responsable mécanique. Celui-ci-joint, par téléphone, me propose de rejoindre l’aérodrome de Alp situé à 37 kilomètres de notre position, sur le trajet retour de l’aérodrome de La Llagonne, où le dépannage serait plus aisé. Je m oppose à cette proposition souhaitant garder le local de l’aérodrome et considérant l’espace entre les deux aérodromes invachable. Le planeur conservant un comportement parfaitement sain et réagissant correctement aux manoeuvres d’aérofrein de plein sorti à rentré , je décide de me déplacer, en local strict de l’aérodrome de Séo de Urgel, sur un relief connu pour ses ascendances. Volant en pente sur ce relief à une hauteur de 2500 m, nous constatons que la combinaison ascendance de pente et configuration de la machine permet de maintenir un zéro au variomètre mais pas de monter. Nous nous dirigeons donc vers l’aérodrome de la Sèo de Urgel. Une quinzaine de minutes plus tard, en local rapproché (pentes limitrophes) discutant avec mon passager je propose d’essayer, une nouvelle fois de sortir et rentrer les aérofreins. Oh surprise, cette fois, soit après une bonne vingtaine de manipulations les deux aérofreins rentrent totalement. Plusieurs manoeuvres de ces derniers confirment la disparation du problème. Nous sommes alors à 1700 mètres d’altitude environ et essayons de remonter sur les pentes à proximité de l’aérodrome, sans résultat (heure tardive). Nous nous posons sans encombre sur l’aérodrome de Sèo de Urgel sur lequel, outre le personnel du service de contrôle, nous recevons la visite de la Gardia Civil qui nous demande les papiers de la machine et du pilote. Le dépannage du planeur s’effectue le lendemain matin par la route. Je vole régulièrement sur ce genre de machine en montagne dans le secteur concerné.
Une dissymétrie de 3 cm en fin de course des AF est la cause du problème. Cela aurait pu être détecté lors de la prévol, mais difficile à observer. Après cet incident un pilote a déclaré qu’il avait remarqué cette dissymétrie mais n’avait pas jugé utile de le signaler vu le peu d’écart perceptible.
Un Rex pour souligner qu’il faut prendre en compte les précurseurs ou les signaux faibles puisque le problème mécanique avait déjà été détecté auparavant mais considéré comme sans intérêt. Un problème mécanique peut se dégrader au fil du temps et il est donc important d’intervenir dès le début.
Bonne gestion de la panne en jouant la sécurité et non la facilité de rester en France…
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