Cet été, j’ai commis une erreur qui aurait pu être tragique dans son dénouement. En effet, j’ai déclenché le parachute de secours de notre ULM remorqueur.
C’était une de ces journée chaude et en même temps très venteuse. Sa fin se faisait attendre. Les derniers planeurs crevardaient, la fatigue se faisait sentir, la faim également. Lorsque ces derniers se furent posés et rangés, il ne restait plus que l’ULM à mettre dans le hangar mais pas de pilote pour le faire. J’étais en train de le repousser lorsqu arrivèrent un instructeur pour effectuer le vol de lâcher machine avec son élève. Une fois ce test réussi, quoi de plus normal que l’élève redécolle pour son premier vol seul à bord, dans la quiétude du soir. Une heure d’attente en plus mais tout allait pour le mieux : la ribambelle d’élèves-pilotes de tous âges et de tous niveaux se préparait à recevoir, comme il se doit dans nos traditions, le nouveau lâché à sa descente du cockpit. Lorsqu’il se gara sur le tarmac, nous l’avons observé un moment à effectuer consciencieusement sa check-list d’arrêt. Lorsqu’il est sorti de sa machine il a demandé qu’on le laisse fermer la verrière. En descendant de l’aile, il a astucieusement décampé pour échapper à son sort. Et pendant que tout le monde lui courait après, je me suis mis à vouloir rentrer l’ULM dans le hangar et d’enfin fermer les portes. Mais contrairement à la première fois, le frein de parking était serré. Je suis donc monté sur l’aile pour le déverrouiller. Ici je précise que je ne connaissais pas l’intérieur de cette machine mais je pensais que je trouverais facilement la poignée de ce dernier comme dans nos DR-400, Rallye et autres machines volantes. Je me souviens avoir été surpris par la disposition et formes des différentes commandes regroupées au centre. Je les distinguais mal car le soleil avait baissé et de face, la grande verrière de l’ULM fait un bon pare-soleil. Malgrès la pénombre j’ai fini par apercevoir une poignée avec la bonne forme, sûrement avec la bonne couleur (la même que dans le DR-400 mais en plus petit). Je me suis penché pour la saisir et fait la manoeuvre de déverrouillage. Comme cela ne semblait pas avoir d’effet, j’ai tâté pour me rendre compte qu’il y avait une goupille qui bloquait ladite poignée. A ce stade j’aurais dû me demander pourquoi elle était là. Mais je connais d’autres systèmes de blocage de commandes et je me suis dit que c’était un moyen technique comme un autre car au vu de la place disponible… Je l’ai donc retiré d’une main et réitérer la manoeuvre de déverrouillage de l’autre. Un grand sifflement m’a vrillé les oreilles. Le temps que je me rende compte qu’il s’était passé quelque chose d’inhabituel, j’ai vu les suspentes sur l’aile opposée et que le monde s’était figé. Ensuite il y a eu les gens du club autour pour voir les dégâts et les éventuels blessés. Suivie des inévitables questions auxquelles j’ai répondu dans le bureau du chef. Le temps de ramasser le parachute, de ranger l’ULM et de fermer les portes, la soirée était finie. Viens le temps de la réflexion. Les circonstances qui m’ont amené à commettre ce geste pourrait s’expliquer de la manière suivante.
Il semble ént que la fatigue m’a fait me précipiter. Ensuite, cumulé avec les conditions de fin de journée, il y a l’inexcusable méconnaissance du matériel où j’ai transgressé la règle de ne pas toucher ce que l’on ne connait pas. En dernier j’ai fais preuve d’un gros excès de confiance car je suis dans le monde aéronautique depuis un certain temps et participe activement à la vie du club, la maintenance des appareils en faisant partie. Il peut également être lié à la diversité des matériels aéronautiques sur lesquels je suis amené à travailler. Sur certains, les poignées reliés à des charges pyrotechniques sont généralement repérés par un striage jaune et noir. Même dans des zones mal éclairées la peinture bi-colore ne laisse aucun doute sur la nature du système qu’elles actionnent. Comme je n’en ai pas aperçu, je n’ai eu aucun sentiment de méfiance même si dans mon cas, je connaissait la présence du parachute de secours. Je cherchais par automatisme ce genre de marquage, la raison en était d’éviter ce qui s’est finalement produit. Il est vrai qu’il n y en a pas dans l’aviation légère et les machines équipées d’un parachute de secours ne sont pas courantes.
Le mot de la fin : une bonne remise en question et je suis heureux que la chance ai été avec moi car elle a fait en sorte que je ne sois pas dans le hangar avec du monde autour au moment de l’incident.
Les conséquences d’un tel déclenchement peuvent être graves pour les personnes à proximité. Ce n’est pas la première fois que ce genre d’erreur se produit dans un club vélivole. Il semble que la goupille ne suffise pas. Le marquage jaune et noir des systèmes pyrotechniques pourrait être un plus.
Enfin, il est préférable que le pilote remorqueur participe au rangement de sa machine qu’il connait bien.
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