J’étais en vol d’onde, proche du plateau de Beille en Ariège, dans le premier ressaut au FL190, à une vitesse indiquée d’environ 190 km h. Tout allait bien, planeur compensé, je profitais du paysage quand d’un seul coup le planeur s’est mis à cabrer, environ 20-30 degrés d’assiette.
Je rétablis l’assiette de référence, diminue la vitesse et teste gentiment le planeur sur tous ses axes, pas de soucis, sauf une sensation de léger pompage et de vibrations dans l’axe de tangage dès que je volais au dessus de 140 km h. Il faut que je mette du compensateur plein avant pour que le planeur soit stable à une assiette qui correspond à la finesse max. Cela m’inquiète tout de même, je garde mon calme mais décide de faire demi-tour, vérification du serrage du parachute, balise Spot’ Mais bon, bien que le planeur ait été remonté le matin-même suite à sa visite annuelle, s’il y avait eu un vrai souci au niveau des commandes de vol, je l’aurais su depuis longtemps (cela faisait 3h00 que je volais).
Je décide donc de me décaler dans le troisième ressaut de la plaine pour redescendre avec moins de turbulences quand je serais en sous ondulatoire. Je contacte BDX CTL qui coordonne avec TLS INFO pour me laisser descendre dans leurs zones depuis le FL190 sans transpondeur. Je suis KM 90 de Saint-Gaudens en finesse 15, il y a Saint-Girons plus près au cas où. Le retour vers Saint-Gaudens se déroule sans soucis même si j’ai le temps de cogiter.
Après l’atterrissage, nous constatons que le scotch d’étanchéité de la profondeur est décollé sur la partie plan fixe. Il s’agit du scotch qui s’applique entre le plan fixe et la gouverne de profondeur pour masquer les charnières. Il est décollé sur toute la longueur de la profondeur mais que sur la partie plan fixe. Cela explique le mouvement à cabrer du planeur, le besoin de compenser plein avant et la sensation aux commandes à haute vitesse. Le planeur a été remonté le matin-même en attendant que le brouillard se lève. Il n’a pas été monté dans la précipitation, le contrôle visuel du branchement des commandes et un contrôle positif aux gouvernes ont été effectués après le remontage.
J’ai ensuite réalisé une visite prévol normale.
Le scotch d’étanchéité a été remis en place après le remontage. Le taux d’humidité devait être proche de 100% et il faisait plutôt froid. Le scotch a été installé très consciencieusement et un décapeur thermique a été utilisé pour que la colle adhère bien.
Il aurait fallu recoller le scotch quand la profondeur était encore démontée dans l’atelier où les conditions climatiques aurait été plus adaptées. Un bon nettoyage de la surface collée aurait pu être utile mais le planeur sortait de visite dans un état impeccable (polishé).
Ayant eu le temps de cogiter le temps de rentrer au terrain, il m’a été impossible d’imaginer la cause de cet évènement. J’imagine que pour un pilote débutant cela peut engendrer une situation de panique.
L’importance du centrage est primordiale. Je suis léger (65 kg équipé), j’avais mis 2 gueuses devant. Comme dit plus haut, le compensateur plein avant permettait d’avoir un planeur à peu près bien compensé vers 100-110 km h.
Enseignement
Merci pour ce Rex très intéressant, rappelant que les menaces peuvent se loger dans des détails qui n’en sont pas.
Un seul ajout : attention à l’usage d’un décapeur thermique sur des composites…