L’élève, en fin de formation, doit réaliser les exercices particuliers liés au moyen d’envol (remorquage).
L’objectif de la séance est de réaliser l’exercice d’impossibilité de largage. Un briefing est organisé avec le pilote remorqueur avec la séquence suivante :
– Montée à 400 m,
– Signaux conventionnels (battements d’aile, battement de la gouverne de direction du remorqueur),
– Mise en position basse pour descente à 300 m verticale,
– A 300 m verticale piste, largage du câble par l’avion remorqueur,
– Atterrissage du planeur avec câble, VOA majorée et point d’aboutissement décalé.
Lors de l’exécution de cette séquence en vol, tout s’est bien déroulé, jusqu’au moment du largage du câble par l’avion remorqueur.
Le câble s’est en effet posé sur l’aile, formant une boucle traînée derrière l’aile gauche du planeur.
Cet incident n’a pas eu d’autres conséquences sur le vol, l’atterrissage s’étant déroulé normalement, avec le câble sur l’aile.
Quelques frottements mineurs ont été constatés sur le bord d’attaque de l’aile consécutivement au glissement du câble sur l’aile lors du roulage à l’atterrissage.
Les conséquences auraient pu être bien plus graves (blocage d’une gouverne, dégradation d’une surface du planeur ou de la verrière…). Mon expérience d’instructeur m’a permis de ne pas céder à la panique, et de rassurer l’élève : d’abord piloter la trajectoire, ensuite faire un état des lieux de la machine, puis poser dans les meilleures conditions possibles.
Cet incident fait suite à une mauvaise application des procédures en vigueur, par manque d’information (rafraîchissement des connaissances) de ma part sur la procédure à appliquer.
La procédure appliquée fut celle décrite peu après l’abandon de la procédure de retour au sol (en 2009 ?) sur laquelle la FFVV est finalement revenue, en ne retenant que la simulation d’atterrissage avec câble au nez du planeur (VOA majorée, point d’aboutissement décalé).
Pour limiter le risque lié a la séquence d’actions décrite précédemment, il aurait fallu revenir en palier derrière l’avion remorqueur et non rester en position basse comme ce fut le cas.
Cette séquence avait déjà été réalisée plusieurs fois en formation avec des élèves, sans poser le moindre problème.
En tant qu’instructeur, il est primordial de maintenir à jour ses compétences dans tous les domaines.
Ici, il s’agit des compétences CNS et PRO qui n’étaient pas à jour.
La conscience de la situation, le pilotage et les décisions qui ont suivi l’incident pendant le vol m’ont permis de gérer cette situation inhabituelle.
Enseignement
Commentaire FFVP
Rappelons que le retour au sol n’est plus en vigueur depuis des années apportant plus de problèmes en exercice et étant très peu utilisé en conditions réelles. La position basse du planeur derrière le remorqueur n’est utile qu’en cas de descente lors d’un convoyage (météo, espace aérien).
Pour la procédure de non-largage, le Mémento précise : En cas d’impossibilité réelle de largage, le remorqueur ramènera le planeur aux abords du terrain en continuant la montée et le larguera.
Ce type d’exercice est à proscrire et ce serait de toutes façons au planeur de larguer si exercice.
En cas de non largage réel, la position basse est émment à proscrire. Quand le remorqueur largue le câble, le planeur doit avoir un étagement normal.