Le stagiaire vient de reprendre sa formation après un arrêt durant la saison d’hiver ; il était non loin du lâcher solo. Le vol de reprise se déroule correctement, et je lui laisse gérer sa PTL de manière autonome. Le stagiaire verbalise ses actions (point de mise en virage pour l’étape de base, sortie demi efficacité…). Malgré une situation relativement turbulente, le stagiaire amène le planeur en début de finale de manière quasi optimale.
En milieu de finale, une forte rafale descendante accompagnée d’une chute de la VI se manifeste. Le stagiaire verbalise « je rentre les Aef ».
Le taux de chute continue à augmenter et la vitesse à diminuer ???
La situation devient critique, et c’est à ce moment là seulement (peut-être trois secondes après la verbalisation « je rentre les Aef ») que je me rends compte que le stagiaire avait manipulé les aérofreins dans le mauvais sens et les avait sortis complètement !!!
Je rentre bien sûr immédiatement les aérofreins avec force. Etant alors en position basse du pinceau d’approche, à une vitesse inférieure à la VOA, je suis surpris par le temps mis par le planeur à retrouver sa VOA (plusieurs secondes). Ce n’est qu’en arrivant au seuil à 15m que la VOA a été retrouvée, avec une fin de finale normale.
Enseignement
L’expérience montre qu’une erreur de manipulation est un générateur classique d’incidents et d’accidents, y compris dans l’aviation commerciale. Il s’agit généralement d’une erreur de manette plutôt que d’une erreur de sens de la manipulation.
Dans ce cas précis, l’effet de surprise de la forte rafale a sans doute généré cette action réflexe du stagiaire. Le stress lié à la surveillance par l’instructeur en vue d’un lâcher proche y a peut-être contribué ?
Quoiqu’il en soit, lorsqu’une action n’a pas l’effet escompté, la première priorité doit être de vérifier la dernière action, plutôt que de croire à des effets externes.
Ce point est fondamental, et cela quelque soit l’expérience du pilote !
L’instructeur quant à lui a également perdu quelques précieuses secondes pour agir, la verbalisation du stagiaire l’ayant conforté dans la capacité de l’élève à mener à bien son approche !
Même pour un stagiaire près du lâcher, rien n’empêche l’instructeur de garder un doigt sur la manette des aérofreins pour identifier immédiatement ses mouvements, avec l’avantage d’estimer la réactivité du stagiaire !
Commentaire FFVP
Par conditions météorologiques délicates, ne pas hésiter à informer le stagiaire (même proche du lâcher) qu’une intervention de l’instructeur sera peut-être nécessaire.
Le FI doit éviter d’avoir ses mains sur les commandes mais être prêt à intervenir.