Contexte: stage de perfectionnement vol ne montagne organisé par mon club à Barcelonnette. Nuit un peu courte pour terminer les préparatifs et partir assez tôt, le matin même, de chez moi, pour pouvoir faire un vol en double avec le chef-pilote de mon club, et me (re)familiariser avec les particularités de l’aérodrome (piste bombée dans le sens longitudinal, soumise à des brises et des turbulences importantes). Trajet en voiture un peu fatigant, sans se réhydrater et s’alimenter. Pilote donc en petite forme, à l’arrivée. Après avoir mangé et bu, je me sentais mieux, mais pas au point de pouvoir voler en solo. J’ai quand même voulu faire le vol de contrôle prévu avec le chef-pilote, en l’avertissant de ma petite forme. Installation un peu rapide à bord du Duo. Pas de coussin pour me surélever, alors que le tableau de bord est assez haut. Au roulage, je constate le manque de visibilité vers l’avant, et le bas, et hésite pour larguer. Je poursuis quand même, faisant confiance dans mon instructeur qui aura une meilleure vue que moi sur le point d’aboutissement du planeur lors de l’atterrissage. Pendant le remorquage, l’instructeur me rappelle plusieurs fois que je suis en position un peu basse par rapport à l’avion, mais si je monte un peu plus, je ne vois plus l’avion, avec un risque de position haute…Après largage, le vol se poursuit sans problème jusqu’au début de la branche vent AR. En zone de perte, j’avais observé le soleil très bas sur l’horizon et dans l’axe de la piste, ainsi que les très nombreuses micro-rayures de la verrière, diminuant très fortement la visibilité face au soleil ; ce qui allait être le cas lors de la finale. J’ai commencé la branche vent AR à une altitude importante, suivant les conseils entendus lors du briefing. Préoccupé par la finale qui s’annonçait très délicate en raison des problèmes de visibilité, je me suis certes aperçu de mon altitude trop forte, mais n’ai pas réagi tout de suite pour sortir les aéro-freins. J’ai prévenu mon instructeur de mes problèmes de visibilité pour la finale et que j’aurais probablement besoin de son assistance pour la finale et l’arrondi. Il a alors constaté notre altitude trop forte et fait immédiatement un rattrapage de plan avec un fort piqué pour nous ramener dans un plan correct. Je l’ai laissé mener l’atterrissage jusqu’au bout car j’étais complètement ébloui par le soleil et incapable de distinguer l’axe de la piste et le point d’aboutissement. Un grand merci à mon instructeur qui a eu la bonne réaction et nous a évité un accident probablement très grave.
Erreurs identifiées:
-expérience récente un peu faible pour un site comme Barcelonnette: même si j’ai une expérience totale non négligeable (environ 4600 h, principalement en montagne, dans des situations parfois délicates à gérer) je n’avais fait depuis 5 mois que 3 vols pour un total d’environ 6 h, avant le stage, et pas sur les mêmes planeurs.
-accumulation de fatigue avant le stage et le vol concerné par le présent REX.
-installation à bord du planeur incomplètement surveillée notamment sur la hauteur d’assise du pilote et les problèmes de visibilité qui en découlent.
-stress peut-être un peu exagéré de ma part par rapport aux conseils donnés lors du briefing sur les précautions d’atterrissage, nuisant ainsi à la bonne anticipation des actions à mener, à la bonne analyse la situation avec la prise de décision qui en découle, en temps voulu.
-tendance personnelle à vouloir “faire trop bien”, en vol avec un instructeur lors des phases les plus critiques, ou à l’inverse d’être moins vigilant pendant les phases de vol “faciles”, en m’appuyant inconsciemment sur sa compétence.
Naturellement, je vais tenir compte lors de mes prochains vols, des différentes erreurs que j’ai identifiées pour éviter de les reproduire.
Bonne analyse des menaces a posteriori mais une accumulation de toutes les erreurs possibles.
La mauvaise installation au départ engendre toutes les menaces (remorquage, plan d’approche, arrondi).
Quelques points positifs : ce pilote a prévenu l’instructeur au départ de son état de fatigue. Il l’a également informé ( juste à temps) de son incapacité à gérer l’atterrissage.
Renoncer doit faire partie de la boite à outils de tout pilote.
© 2026 Fédération Française de Vol en Planeur. Centre de confidentialitéMentions légales