Au 4e jour du stage voltige les remorqués sont toujours aussi lents avec des taux de montée anémiques. En cette période de canicule un système de hautes pressions stationne sur la France. Les isobares sont très lâches avec pour conséquence un vent quasi-nul. Les décollages se font sur la piste la plus pratique et les atterrissage à contre-QFU. Comme il n’y a que peu de traffic cette procédure fonctionne très bien. Avec les jours qui passent et l’enchainement des remorqués voltige à 1000 ou 1300 m, le vent n’est plus vraiment un critère déterminant et on s’habitue à ne plus trop y prêter attention : il est inférieur à 5 km/h. La forte chaleur, le fait qu’une partie centrale de la piste ne soit pas tondu sont des paramètres beaucoup plus importants. Les décollages sont longs. On ne passe pas très haut en bout de piste.
Pour les quelques pilotes de planeur qui ne voltigent pas ce 4e jour commence encore en thermique pur dans une masse d’air avachie. Mais des cumulus se forment à l’est du terrain et s’en rapprochent progressivement.
Vient le moment d’un nouveau remorqué-voltige avec un biplace. L’accélération me semble faible, je mets cela sur le dos de la chaleur. Nous arrivons dans la zone où l’herbe est plus haute. La vitesse stagne. Le planeur s’est désaxé et tire l’avion sur le coté. J’ai du mal à tenir la trajectoire. Je vois se rapprocher les buissons en bout de piste sur le copte gauche et je n’ai pas la certitude de passer au-dessus.
Comme tout parait partir en vrac, je prends la décision d’interrompre le décollage. Les deux aéronefs roule sur leur inertie jusqu’au bout de la piste. Nous descendons de nos machines et là surprise : nous ressentons une petite brise « vent arrière » du sens de décollage d’une dizaine de km/h. Les cumulus viennent juste d’arriver un dessus du terrain. Il y a objectivement deux masses d’air très différentes. La golfette arrive rapidement avec un aide. Nous tournons le planeur de 180° et nous re-décollons facilement dans l’autre sens.
Enseignement
Quand les performances sont limites une petite variation d’un seul paramètre peut faire basculer de l’état « ça passe » à son contraire.
La routine et la monotonie de la météo nous ont fait relâcher notre attention sur l’observation du vent qui était considéré comme « non significatif ».
La « lecture du ciel » aurait pu nous alerter,… peut-être.
Commentaire FFVP
Un petit coup d’œil à la manche à air avant la mise en puissance.
Avec le fortes chaleurs, prendre également en compte les effets sur les performances.