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Vol du 25 août 2023

Titre :
Vol du 25 août 2023
Localisation :
Date :
25/08/2023
Nature du vol :
Solo
Je suis :
Pilote
Nombre de machines :
1
Météo :
Plafond bas
Dégats :
Non
Phase de vol :
Croisière
Catégorie :
1
Type d'aérodrome :
ATC :
Radio :
Oui
Type de machine :
Planeur pur
Modèle de machine :
Wassmer WA-26 Squale
Transpondeur :
Aucun
GPS :
Oui
Nombre d'occupants :
1
Statut :
Pilote
Âge :
18 à 50 ans
Expérience récente :
5 à 20 heures
Expérience totale :
100 à 500 heures

Contexte :

aérodrome : aérodrome en plaine, avec une grosse TMA juste au nord, avec une rangée d’éoliennes juste au nord ouest du terrain.

planeur : planeur datant de la fin des années 1960, la position du pilote est allongée dans le cockpit. Je viens juste d’être lâché sur cette machine, que je trouve très bien. Peut-être que les aéro-freins sont un peu faibles à mon goût, et le bord de la verrière est un peu déformé, ce qui rend la visibilité horizontale difficile, surtout avec un éclairage de l’environnement peu contrasté, ce qui est le cas quand par temps nuageux. J’ai juste fait un vol de 2 heures au dessus du terrain avec ce planeur. La vitesse d’approche recommandée sans vent est de 90 km/h.

pilote : breveté depuis 3 ans, environ 140 heures de vol en solo. Je ne me suis jamais vaché.

Briefing : la météo est annoncés comme excellente, avec des cumulus. Il y a une brise d’ouest de 5 à 10 noeuds. Nous sommes quatre à voler : deux instructeurs expérimentés et deux jeunes brevetés.

Départ : les instructeurs partent en circuit, je pars en troisième position. J’ai pour projet de rester dans le « grand local » c’est à dire à 10-15 kilomètres du terrain, et éventuellement d’aller voir au sud l’aérodrome d’A… (que je ne connais pas) si le temps le permet.

Déroulement du vol :

Le remorqué se passe bien, je largue dans une très bonne pompe. Arrivé en haut de la pompe, je fouille dans la pochette de documents où se trouve normalement une petite carte avec les cercles de distance autour de l’aérodrome, et je ne trouve pas de carte. Je cherche une seconde fois, et il n’y a rien. Je décide alors de partir vers le sud, car les repères géographiques sont facilement identifiables : une grosse carrière au kilomètre 10 et la ville d’A…. au kilomètre 20. Je me dis : je descends vers le sud et je remonte. Sur le papier c’est simple. Il y a des cumulus partout, et au cas où j’ai mon téléphone.

Le plafond est correct (1000-1100 mètres QFE) et risque de monter dans l’après-midi. En transition vers la carrière, j’entends les instructeurs à la radio qui sont déjà loin : « c’est presque du thermique pur, c’est n’importe quoi ». A ce moment-là j’aurais dû me méfier. J’arrive à la carrière sans problème, je continue vers le sud. Entre la carrière et A…. je dégringole et je me retrouve à 300-400 mètres QFE. Je stoppe la transition, j’essaie de gratter un peu sous les nuages pour voir. Je reprends un peu d’altitude mais ce n’est pas spectaculaire. La bonne nouvelle est qu’il y a des champs vachables partout. Les moissons ont été faites et les champs sont dégagés. Après être resté un moment dans le coin, je fais demi-tour en me disant que je vais essayer de regagner le terrain initial. Sur le chemin que j’ai emprunté à l’aller, il y a un gros ciel bleu, je décide donc de remonter par l’est, où il a beaucoup de nuages. Les ascendances sont difficiles, hachées. Je m’accroche. J’enchaîne point bas après point bas (quelle altitude je ne sais pas, peut être 300-400 mètres QFE).

Mes préoccupations sont à ce moment là : -ne pas rater la prochaine pompe, -rester en zone vachable, -regarder dehors.

Je distingue la carrière au nord ouest, ainsi que les radars météo à côté de l’aérodrome de départ (plus au nord). Souvent je perds tout ça de vue, car je dérive vers l’est à cause du vent, et je suis bas, donc les repères au sol qui sont un peu loin sont difficilement identifiables, voire invisibles. Les défauts de verrière ainsi que l’éclairage peu contrasté n’arrangent rien. J’essaie de sortir une première fois mon téléphone. La reconnaissance tactile fait des siennes. Je ne veux pas lâcher le manche, et je veux continuer à regarder dehors. Impossible de rentrer l’aérodrome de départ dans Google Maps. Je renonce à utiliser mon téléphone une première fois. Tout ça continue pendant longtemps. Je remonte vers le nord. J’essaie de sortir une seconde fois mon téléphone, et je renonce à nouveau, toujours pour les mêmes raisons. Jusqu’au moment où je ne vois plus la carrière et encore moins le terrain. Je me repère alors sur les éoliennes. Sauf que des éoliennes il y en a beaucoup dans la région… Je tourne comme ça, en essayant d’aller de nuage en nuage. Je comprends au bout de 2h30-2h40 de vol que je me suis probablement perdu, et que je suis potentiellement dans la TMA. A ce moment-là j’ai vraiment les yeux partout. Je croise un monomoteur, qui se demande peut-être ce que je fais là.

J’essaie d’atteindre une altitude correcte pour pouvoir sortir à nouveau mon téléphone. J’arrive enfin à rentrer l’aérodrome de départ dans Google Maps, et je vois un point bleu qui s’affiche (c’est à dire moi). Je suis effectivement au nord-est de l’aérodrome, dans la TMA. Je mets aussitôt le cap au sud ouest. Je sors de la TMA. Les ascendances s’estompent de manière assez soudaine. Je repère un très beau champ dégagé. Le starter demande si quelqu’un a des nouvelles de moi, je réponds que je vais me vacher. Je perds de l’altitude et je comprends qu’il va falloir se poser. Visuellement je suis dans l’altitude de prise de terrain. Je fais ma prise de terrain, je ressens une ascendance dans la vent arrière, je fais une spirale sans trop y croire. Je n’insiste pas. Je continue ma prise de terrain. Je fixe ma VOA à 110 km/h. Quand je passe en étape de base, je vois le champ à ma gauche qui est superbe. L’altimètre est très bas (car le champ se trouve à une altitude inférieure à l’aérodrome de départ) mais l’altitude en visuel me semble correcte. Je suis soulagé. L’atterrissage se passe bien.

Le vol aura duré un peu plus de 3 heures, dont 2h30 de galère. C’est ma première vache et je suis content.

-bien se préparer au vol: vérifier son matériel (carte), en parler à des pilotes plus chevronnés qui peuvent donner des bons conseils

-si pour une raison ou une autre on se retrouve en l’air sans carte adéquate, on reste à côté du terrain, car on peut très vite se faire avoir.

-pour ceux qui utilisent un smartphone, il faut avoir absolument une ventouse de support GPS + une application adaptée (XCSoar ou autre)

-les altitudes basses provoquent une perte des repères visuels situés au sol, donc peut-être qu’il faut plutôt choisir des repères situés en hauteur (antennes, relief etc…)

-annoncer ses difficultés à la radio : ne pas hésiter à communiquer avec le starter, qui pouvait me suivre à la trace, et qui aurait sans doute pu me guider.

-l’expression « grand local » ou même « petit local » ne veut finalement pas dire grand chose. Si on est trop bas, on est trop bas, même à 500 mètres du terrain.

-même quand tous les voyants sont au vert (météo très bonne etc…), il faut toujours avoir à l’esprit qu’on peut se vacher, et donc s’équiper en conséquence (bonnes chaussures, vêtement chaud …).

J’espère que cette expérience pourra vous être utile.

Cordialement,

Au sol comme en vol, ne pas hésiter à demander conseil à un instructeur.

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