I°) Le Commandant de Bord du planeur :
Je prends en main un nouveau planeur.
La préparation du décollage se passe bien.
Je fais signe à l’aide de lever l’aile pour débuter la treuillée.
Ce dernier s’assure de la sécurité, pas de planeur en approche, piste libre….
Le message que j’adresse au treuil n’est pas bien pris (« Peux tu tendre le câble pour un LS6 une personne a bord »).
De ce fait le message est transmis plusieurs fois pour que le treuil comprenne les intentions du planeur.
Il s’écoule environ deux minutes pour que finalement le treuil engage la procédure.
Le planeur (moi) dit “Tendu, Tendu” et le treuil réagit en mettant la puissance.
Quelques secondes plus tard, en fin du palier de sécurité, juste avant la rotation, le treuil coupe la puissance “interruption treuil” (à la radio).
C’est surprenant.
Après explication, un planeur s’était annoncé en fin de vent-arrière. La décision du treuillard, dans la confusion, était d’interrompre la procédure.
Personnellement, envisageant un vol sur une machine inconnue, ce n’était pas rassurant.
Le planeur en fin de vent arrière s’est posé deux minutes après, ce qui aurait laissé le temps pour achever la treuillée.
Une interruption 3 ou 4 secondes plus tard, le planeur aurait été dans sa phase de rotation, faible vitesse, faible hauteur, avec un pilote qui ne maitrise pas une nouvelle machine.
II°) Le pilote du treuil :
Après plus de 5 mois sans avoir treuillé, je me suis inscrit comme treuilleur pour l’après-midi en cette journée du jeudi 18 mai. Un autre treuilleur en formation était avec moi. Cependant n’étant pas lâché il n’avait pas l’autorisation de treuiller seul. Il s’est donc entraîné à mes côtés et n’est pas impliqué au moment de l’incident.
Les premières treuillées se passent sans incident particulier.
Au milieu de l’après-midi, le LS6 s’aligne au starter, prêt à décoller. N’ayant pas connaissance d’une telle machine dans la flotte de Bourg, je n’ai donc pas son immatriculation, qui s’avère être allemande et composée de chiffres. D’autant plus, la communication radio est très mauvaise (2/5 reçu au treuil), j’ai dû demander 4 ou 5 fois de répéter l’essai radio. Ce n’est au passage pas le premier message inaudible de la journée. Dans la confusion et après avoir reçu un dernier message un peu plus audible, j’ai fini par lancer la treuillée en utilisant l’indicatif « LS6 ».
2 secondes après avoir lancé la treuillée, un autre planeur (dont je ne me souviens plus de l’immatriculation) s’annonce soudainement en finale sans avoir annoncé son évolution auparavant (du moins, nous ne l’avons pas entendu au treuil). Ayant pour habitude systématique de prendre la longue-vue avant chaque lancement, je ne l’avais cependant pas en visuel.
Au cœur de ce moment critique, je décide de manière maladroite et dans la confusion la plus totale de stopper la treuillée, en oubliant qu’en deux-trois secondes, le planeur avait déjà débuté sa montée initiale. Cela l’a forcé à tirer sur la poignée jaune et à se poser précipitamment.
Le reste de la journée s’est déroulée sans aucun incident.
I°) Le Commandant de Bord du planeur :
1. Pilote au décollage : Remédier aux problèmes de qualité d’émission de la radio
2. Pilotes en approche : Sensibiliser les pilotes aux tours de pistes propres et annonce dès la zone de perte d’altitude ou au plus tard lors du début de vent-arrière.
Une annonce en fin de vent arrière en début d’après-midi avec beaucoup de trafic, au sol et autour du terrain, est à éviter.
3. Pilotes sur la fréquence club : Sensibiliser les pilotes au respect du silence radio pendant la treuillée.
4. Aide à l’aile du planeur au décollage : Garder la vigilance des abords du terrain jusqu’au départ du planeur. Un coup d’œil juste avant le lever de l’aile ne suffit pas dès lors qu’une fois l’aile levée la procédure s’éternise.
Hypothèse : Il se peut très bien que le planeur DG500 en tour de piste ait tenté un raccrochage dans la fin de vent-arrière, ce qui, pour l’aide en bout d’aile, aurait été pris pour un planeur en spirale en non en approche.
5. Treuillard : Pas de conseil particulier, il a eu un doute, il a préféré interrompre, le choix lui appartenait.
II°) Le pilote du treuil :
Pour le treuilleur (moi) :
• Ne pas stopper la treuillée en roulage et montée initiale, la phase la plus critique : la piste est large, le planeur en finale avait sans aucun doute remarqué qu’une treuillée était en cours et avait de toutes façons adapté sa trajectoire. Il se serait posé sans encombre. Également le pilote du planeur stoppe la treuillée lui-même s’il le juge nécessaire.
• En cas de doute, attendre et ne pas se laisser influencer : il y avait plusieurs planeurs sur la piste en train d’attendre pour s’envoler.
• S’assurer aussi d’avoir une bonne communication avec le planeur au starter. 5 minutes de plus au sol sur une journée de 8 heures ne causeront tort à personne.
Pour l’ensemble :
• Encadrer/accompagner/relâcher un treuilleur, expérimenté ou non, qui n’a pas treuillé depuis longtemps, ce qui était mon cas.
• Pour les planeurs évoluant autour, s’annoncer en vent arrière, en base et en finale. Ce n’était pas la première fois qu’un planeur se posait en oubliant d’annoncer une étape du circuit d’atterrissage. Même si les treuilleurs doivent évidemment vérifier l’évolution du trafic avant de lancer la treuillée et s’abstenir/demander confirmation si doute, je pense que le starter et les pilotes en l’air ont aussi leur rôle à jour.
• Inscrire le LS6 dans la liste des puissances de treuillées.
Problème de radio, renoncer à la treuillée.
Ne pas hésiter à informer tous les intervenants des menaces particulières : lâcher machine, instruction au treuil…
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