Je remorquais en Midour depuis le début de l’après-midi. L’exercice était compliqué car le gradient de vent était fort et l’atmosphère très turbulente. Le metar d’une station voisine indiquait « 35022G32KT CAVOK 17/06 » à l’heure de l’évènement.
J’avais calculé qu’il me restait environ une heure d’autonomie (plein complet, l’avion a trois heures d’autonomie et j’ai volé deux heures).
Je suis remorqueur avion depuis trois mois, je cumule une quinzaine d’heures sur cet avion, une centaine en remorquage ULM. Le pilote du planeur, un Janus, est expérimenté et a de l’expérience récente : environ 100h dans la saison.
Le décollage ressemble aux précédents : la vitesse varie beaucoup, l’assiette est très cabrée dans le gradient de vent. Le planeur suit normalement, aux turbulences près. En montée initiale, dès que la hauteur le permet, je m’écarte de la piste vers le nord-est.
A une hauteur de 150m environ, je perds toute la puissance du moteur : celui-ci passe au ralentit, ou s’arrête mais est entraîné par l’hélice. Je largue immédiatement le câble qui me relie au planeur, le pilote du planeur fait de même me voyant chuter sous lui. Je décide alors de me poser en travers de la piste (face au nord-ouest). Je vire à gauche (45° de secteur de virage), sors tous les volets et passe en glissade car je suis déjà trop haut et trop rapide. Quelques mètres avant l’arrondie, le moteur repart à pleine puissance : j’avais laissé la manette en position plein gaz. Je réduis tout, mais la vitesse est alors trop élevée pour un atterrissage en sécurité. Je remets les gaz, et repasse en montée vers la vent-arrière. Le moteur s’arrête à nouveau. Je suis sur le plan pour faire une PTU main gauche pour poser face au nord, je pense alors à mettre la manette des gaz en position plein réduit. L’atterrissage se déroule correctement et je suis rassuré de voir le planeur posé sans casse (il a suivi ma première option : poser en bout de piste face au nord-ouest).
Lors de l’analyse, nous avons trouvé que la quantité de carburant était inférieure à ce que j’imaginais (la jauge d’essence n’était pas fiable : dès lors que la quantité était inférieur à la moitié, elle indiquait zéro). Il est donc possible que le circuit d’essence ait désamorcé à cause de l’assiette trop cabrée, des turbulences, et de la faible quantité présente dans le réservoir.