Je suis lâché solo depuis un mois et ai volé 30h depuis le début de la saison. Il s’agit de mon troisième vol en K8. J’ai une expérience de parapente (~150 vols et une pratique de vol de distance).
Par 32°C, le pilote remorqueur m’annonce que nous volerons plus rapidement que d’habitude pour favoriser le refroidissement de son moteur.
Nous décollons sans encombres et prenons 120-130 km/h au lieu des 110km/h habituels. La Vmax en remorquage est de 130km/h sur cette machine. Les commandes me paraissent plus dures et le planeur plus réactif que lors de mes précédents remorquages.
Au fur et à mesure que nous avançons vers le lieu de largage, le régime de vent s’inverse et nous traversons des zones turbulentes. J’écarte naturellement les genoux afin qu’ils reposent sur les côtés du cockpit pour me stabiliser dans le planeur. Le K8 n’a pas de dossier type baquet, seul un coussin et le parachute permettent le maintient du pilote.
Un cisaillement survient et j’effectue des corrections de roulis de grande envergure en conjuguant au palonier. Pendant la manœuvre mon genou gauche déverrouille la poignée des aérofreins. Je parviens à maintenir le planeur derrière le remorqueur mais ne prend pas conscience que mes AF sont entièrement sortis. Après stabilisation de ma position environ 5 secondes plus tard, je fini par sentir la poignée des AF contre mon avant-bras. Je rentre les AF et je perçois au bruit une sur-vitesse. Le remorqueur adapte rapidement sa vitesse et nous poursuivons le remorquage jusqu’à mon largage quelques minutes plus tard.
Après débriefing avec le pilote remorqueur, il me confirme avoir vu mes AF sortis. Voyant ma position correcte derrière lui, il n’a pas jugé nécessaire de larguer.
Enseignement
Plusieurs facteurs me semblent être à l’origine de cet incident :
– La vitesse de remorquage imposée m’a rendue le pilotage moins aisé dans ces conditions turbulentes
– j’ai adopté une mauvaise position (genoux reposant sur les côtés) pour pallier le manque de maintient de mon siège
– il est très probable que cette position soit un réflexe de mon expérience passée de parapentiste (celà sert à éviter les twists d’élevateurs en cas de fermetures)
Pour éviter cet incident, je prendrai le temps de mieux m’installer à bord pour être certain de ne pas être en mesure d’ouvrir les AF accidentellement. Je garderai aussi en tête que la forte chaleur associée à des turbulences peut rendre ce remorqueur incompatible avec le remorquage d’un planeur lent comme le K8.
Par ailleurs, j’aurais vraisemblablement dû larguer lorsque j’ai ressenti la sur-vitesse, ou au moins regarder rapidement l’anémomètre pour prendre une décision, ce que je n’ai pas fait sur le coup.
Commentaire FFVP
L’installation à bord est un point primordial lors de la préparation avant le décollage.