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Retour au terrain en catastrophe

Titre :
Retour au terrain en catastrophe
Localisation :
Local
Date :
24/09/2025
Nature du vol :
Solo supervisé
Je suis :
Instructeur
Nombre de machines :
1
Météo :
Dégats :
Non
Phase de vol :
Approche/Atterrissage aérodrome
Catégorie :
1
Type d'aérodrome :
Ouvert à la CAP
ATC :
Aucun
Radio :
Oui
Type de machine :
Planeur pur
Modèle de machine :
G-102 Astir
Transpondeur :
Mode S
GPS :
Non
Nombre d'occupants :
1
Statut :
Stagiaire
Âge :
50 à 70 ans
Expérience récente :
5 à 20 heures
Expérience totale :
20 à 100 heures

Déclaration du pilote (et commentaires entre parenthèses issus des données du FLARM)
Après battements d’ailes du remorqueur, je largue et essaie d’accrocher. Après plusieurs tentatives infructueuses je décide de me diriger vers l’Est, un endroit légèrement plus ensoleillé. (Arrivé à environ 4km à l’est du terrain, au vu de son altitude et sous le vent, le pilote aurait dû revenir vers le terrain afin de pouvoir effectuer un tour de piste standard).
Après plusieurs tentatives infructueuses je me retrouve au niveau de l’antenne à 350m sol (en fait à 200m sol, à 3,2km du seuil de piste). Je décide une dernière fois de prendre une ascendance qui me fait encore perdre 150m d’altitude et me retrouve à 200m (en fait à 150m à 3,3km du seuil).
Je décide de revenir vers le terrain pour prendre la direction de la vent arrière, et j’ai encore perdu 100m (en fait le point le plus critique était à 80m, à 2,3km du seuil, après avoir subi une zone descendante de 2m/s).
A cette hauteur, dans l’impossibilité de prendre la vent arrière, je décide de passer en étape de base (en fait en « finale » directe) pour éviter les arbres longeant l’autoroute et pour ne pas avoir d’obstacles.
Heureusement, en finale, j’ai retrouvé le plan d’approche (en fait à 30m à 350m du seuil, la limite basse du pinceau idéal d’approche avec en plus du vent de face), et me suis posé.

Analyse
Dans un premier temps, le pilote n’a pas tenu compte des impératifs de hauteur liés à la réalisation d’un tour de piste standard. Par la suite, le pilote s’est retrouvé à une altitude critique dont il n’a pas eu conscience. De plus le pilote a essayé un dernier raccrochage en virant en éloignement et aggravant ainsi la situation. Dans une telle situation, même pour un pilote confirmé, à savoir à 150m de hauteur à 3,3km du terrain, donc avec un plan de finesse 22 sans aucune marge de hauteur (ou de vitesse), et sans zone posable sur la trajectoire vers le terrain, la seule solution raisonnable aurait été un atterrissage en campagne.
La situation est devenue extrêmement critique un peu plus tard, après un taux de chute de 2m/s n’ayant rien d’exceptionnel (il était alors sur un plan de 27 de finesse sans aucune marge et avec des obstacles sur la trajectoire !) ; en fait, si la zone descendante rencontrée avait durée ne serait-ce qu’une dizaine de secondes supplémentaires, le crash aurait été inévitable.
Le pilote, lâché depuis longtemps, volait plutôt régulièrement (14 vols solo et 2 vols avec instructeur dans les 6 derniers mois), mais il était encore sous supervision (notamment en l’absence du théorique). Parmi les deux instructeurs présents, le premier venait de remorquer et larguer ce pilote aux environs de la verticale du terrain, et 9 minutes plus tard, déjà aligné, il s’apprêtait à faire décoller le second instructeur à bord d’un biplace. Aucun des deux instructeurs n’a pensé à s’enquérir de la position du planeur pendant ces 9 minutes de vol après le largage. L’instructeur chargé de la supervision n’avait pas été précisément affecté avant le vol.
Même lâchés depuis longtemps, les élèves qui n’ont pas le pass doivent demander la supervision d’un instructeur nommément désigné qui sera en charge de la surveillance du bon déroulement du vol.
Même si les instructeurs présents se sentent concernés par l’ensemble de l’activité, une personne précisément désignée sera peut-être plus vigilante. Dans ce cas précis, la rapidité du passage d’une situation normale à une situation critique a trompé la surveillance des instructeurs.

Commentaires par le référent sécurité de l’association
Dans un premier temps, le pilote n’a pas respecté les positions/hauteurs nécessaires pour être en mesure de faire un tour de piste standard. D’autres évènements de ce type par des pilotes peu expérimentés ont parfois lieu (soit par transgression plus ou moins volontaire avec objectif de raccrochage, soit par mauvaise évaluation). Ces évènements doivent être gérés de façon appropriée par l’encadrement.
Dans un second temps, le pilote n’avait manifestement pas intégré visuellement le plan de finesse 10 par rapport au terrain (qui -rappelons-le- est le plan d’une finale normale sans vent significatif).
Cet incident particulièrement grave met bien en évidence les risques (y compris pour les pilotes confirmés) de s’éloigner de ce plan de finesse 10 au sein de la zone d’évolution habituelle autour du terrain. Les instructeurs doivent veiller à s’assurer que ce point soit bien acquis avant les autorisations des vols solo, et par la suite, lors des vols complémentaires en double commande.
Par ailleurs pour un vol sous supervision le pilote devrait obtenir l’accord d’un instructeur chargé de sa surveillance. Ce dernier (ou éventuellement un autre instructeur à qui il aurait délégué son rôle) doit alors assurer la surveillance du pilote pour l’ensemble de son vol, y compris ses évolutions peu après le largage : en effet, celles-ci peuvent nécessiter des prises de décisions parfois délicates lors de la recherche de la première ascendance exploitable.

Les enseignements sont bien décrits dans le commentaire du REX.
Le vol sous supervision nécessite effectivement que cette supervision soit active.

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